Issad Rebrab, PDG du premier groupe privé d’Algérie, Cevital, considéré comme la première fortune du pays, a été incarcéré dans la nuit, à l’issue de sa présentation au parquet dans le cadre d’une enquête anticorruption, a annoncé mardi 23 avril l’agence officielle APS.
Arrêté lundi, M. Rebrab, 74 ans, fondateur de Cevital est soupçonné de fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux vers l’étranger, surfacturation, importation de matériel usagé en dépit de l’octroi d’avantages bancaires, fiscaux et douaniers (destinés au matériel neuf), avait précisé l’APS.
Son arrestation intervient quelques heures après celle, dimanche, de quatre frères, tous hommes d’affaires et membres de la famille Kouninef, à la tête d’un empire allant de l’agroalimentaire au génie civil pétrolier.
Le fondateur de Cevital avait dans un tweet lundi démenti avoir été arrêté, indiquant s’être seulement présenté à la gendarmerie dans le cadre du blocage depuis près d’un an au port d’Alger par les autorités d’équipements industriels de son conglomérat. L’industriel estime que ce blocage est illégitime.
Le groupe Cévital, propriétaire du quotidien algérien Liberté et qui a notamment racheté en France le groupe électroménager Fagor-Brandt ou le fabricant de portes et fenêtres Oxxo, n’a pas réagi dans l’immédiat à l’incarcération de son PDG.
Depuis la démission de M. Bouteflika, la justice algérienne a lancé une série d’enquêtes sur des faits de corruption et de transferts illicites de capitaux visant de puissants hommes d’affaires souvent proches de l’ex-président Bouteflika.
Début avril, l’ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad, riche homme d’affaires, également proche de M. Bouteflika, avait été écroué après avoir été arrêté alors qu’il se rendait en Tunisie.
