Un sénateur colombien vient de déposer une proposition de loi plutôt osée. Elle vise à asphyxier les réseaux de narcotrafics en légalisant la poudre blanche, dont l’achat de matière première et la production passeraient sous le contrôle de l’Etat.
« Ce qui me plaît le plus, c’est d’ouvrir (…) un nouvel espace de réflexion pour affronter un problème qui a conduit à 40 ans d’échec », confie à l’AFP Ivan Marulanda, dans sa ferme de Rionegro (nord-ouest), sur sa proposition qui a peu de chance d’aboutir immédiatement.
Pour l’homme politique, il faudrait « laisser aux communautés indigènes la production (de la feuille de coca) pour leur alimentation, les médicaments, les boissons, les cosmétiques » et, parallèlement, de « produire de la cocaïne pour les consommateurs colombiens, qui pourraient la consommer » dans le respect de la loi. Pour l’heure, la consommation est dépénalisée pour la dose maximum d’un gramme.
Ivan voudrait « une cocaïne certifiée de bonne qualité », dont la production n’entraînerait pas de violence, « sans trace d’illégalité et sous contrôle médical pour les consommateurs qui ont besoin d’aide », dit le sénateur. « Enfin, ce qui reste de cette feuille de coca sera détruit, soit pour produire de l’engrais, soit simplement brûlé », a-t-il ajouté.
