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Directrice Mme Mimi SOEDEDJE née BOSSOU

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Mme Mimi SOEDEDJE, Bonsoir
Mme Mimi SOEDEDJE : Bonsoir à toute l’équipe l-frii
Mme, cette interview a pour but de permettre aux apprenants d’avoir pour modèle de vie une personne ressource par rapport à son parcours. Parlant de parcours, faites nous Mme, la genèse de votre passage de l’école primaire jusqu’au lycée dans le temps et dans l’espace.
Sans trop aller dans le détail des années, sachez que j’ai commencé mes études à « HIHEATRO » qui est une petite ville ou un gros village du Togo après Atakpamé. J’ai commencé à quatre ans comme amie de l’école. A l’époque, on appelait « amis de l’école », les enfants qui n’ont pas encore l’âge d’aller à l’école est-à-dire six ans officiellement. Je suis restée à HIHEATRO jusqu’en classe de CE2. Après, je suis venue à Lomé pour continuer puisque mes parents étaient des instituteurs et ils furent affectés sur Lomé. Donc j’ai fait les classes de CM1 et CM2 à l’Ecole Primaire « Route d’Anécho » située au niveau de l’ancien « hollando » vers la plage. Après le CEPD, j’ai fait le collège Notre Dame des Apôtres (NDA ). Je me suis inscrite après au lycée Gbényedji suite à un changement de domicile pour obtenir le BEPC en 1985 et le BAC II série D en 1988.
Quels sont les faits qui vous ont marqués au cours de cette période d’étude ?
A l’époque, je me rappelle le club de théâtre que j’ai intégré déjà à huit ans. J’ai joué le rôle de Aïwa dans « Le pagne noir ». Je me rappelle aussi qu’on allait à l’école sans chaussures et même quand on a les chaussures, on préfère les tenir dans la main pour faire comme les autres (rire). C’est des choses que je n’oublie pas. Dans les années collège, Je me rappelle des mercredis soirs et samedis où il fallait mettre la glacière sur la tête pour aller vendre du « yaourt » et du « yéyé » qui, aujourd’hui est appelé « jus ». C’est des choses qui m’ont marquée. Au lycée « Gbégnédji », je jouais souvent le rôle principal dans les pièces de théâtre. Je dois rappeler qu’à notre époque, les semaines culturelles se préparaient depuis le premier trimestre et, c’est toute une semaine consacrée à la culture. Du théâtre en passant par les autres manifestations jusqu’au récital à l’époque, tout était très bien organisé. Enfin, je me souviens aussi de mon professeur de physique en classe de terminale qui ne m’encourageait pas du tout. Du coup, j’ai détesté la matière mais Dieu merci, j’ai eu mon BAC cette année-là. Il y a tellement de souvenirs, beaucoup de beaux souvenirs. J’ai la nostalgie…
Dieu merci vous aviez eu votre BAC et bien évidemment aviez-vous fait des études universitaires ?
Je suis allée à l’Université du Bénin(UB) actuelle Université de Lomé(UL) où j’ai passé un concours d’entrée à l’IUT de gestion. Là, j’obtins mon DUT en gestion et, même avant de soutenir j’ai eu la chance de trouver un stage dans une société de la place. Trois mois après mon stage, avant même ma soutenance, j’ai été promue directrice commerciale. J’ai été à ce poste pendant neuf ans et après, je me suis installée à mon propre compte de 1999 à 2004. Mais par la suite j’ai dû arrêter parce que j’avais été très malade pendant deux longues années.
Pendant cette période d’études universitaires, quels sont les faits et expériences qui vous ont marqué ?
Etant dans une école, on travaillait toujours comme au lycée. Du coup, on n’avait pas le temps aux loisirs. A part la vie dans les cités universitaires qui est aussi formatrice en dehors de la famille, le travail était le mot d’ordre à cette époque. J’avoue avoir gardé de très bons souvenirs des moments passés avec d’autres filles dans les cités. En somme, c’est des moments d’apprentissage de la vie.
Dans quels domaines forme-t-on à l’IUT de gestion ? Et peut-on aujourd’hui dresser un lien entre votre formation et votre profession ?
Il y avait deux options, la Finance -Comptabilité et la Gestion Commerciale. Moi je me suis spécialisée en Gestion Commerciale. Les études en gestion me permettent de gérer aujourd’hui le centre quand bien même il n’y a pas de lien direct entre ma formation et ma profession actuelle. C’est aussi vrai qu’au niveau de la Maison des Jeunes, il y a une cafétéria qu’il faut gérer commercialement parlant mais, la Maison est plus culturelle que commerciale. Comme je vous l’avais dit plus haut, à huit ans déjà, j’étais dans un club de théâtre. Je suis plus culturelle que commerciale. Personnellement, je crois que je me suis trompée dans le choix de ma filière de formation quand bien je me dis qu’il n y a pas de hasard dans la vie et que toute chose concourt au bien de ce qui aime Dieu. Je me suis finalement rattrapée et c’est l’essentiel. Cette expérience m’amène à conseiller les jeunes sur l’orientation scolaire car bien souvent, ils se trompent dans le choix de leurs filières de formation ce qui n’est pas sans conséquences néfastes lorsqu’ils n’arrivent pas à se rattraper.
Mme Mimi BOSSOU-SOEDJEDE, selon vous, qu’est ce qui peut expliquer cet état de chose ?
C’est le manque cruel d’informations. Prenez un élève après la proclamation des résultats du BEPC et demandez-lui la série qu’il fera. Il n’est pas rare de se rendre compte que c’est en ce moment là qu’il se mettra à réfléchir et, du coup il vous dira la série qui lui vient en tête. Alors que pour faire un choix judicieux, il faut non seulement avoir des objectifs dans la vie, mais aussi connaître ses potentialités et surtout impliquer les parents dans ce processus. A mon avis, s’il y a beaucoup de chômeurs aujourd’hui, c’est aussi l’une des raisons. Mais cela ne voudrait pas dire que les parents doivent obliger les enfants à faire tel ou tel autre choix juste parce qu’ils désirent avoir un médecin ou un avocat par exemple dans la famille. Ce choix doit plutôt faire référence aux potentialités de l’enfant et aux moyens financiers des parents. Dans leur choix, les jeunes doivent trouver leurs aspirations, ne pas se laisser aller au suivisme, connaître leurs forces et faiblesses et avoir l’avis de leurs parents pour éviter de tomber dans les mêmes erreurs que nous à notre époque.
Professionnellement parlant, avez-vous des souvenirs positifs et/ ou négatifs de vos débuts ?
J’ai été très vite promue à un poste de responsabilité alors que dans la société, il y avait des gens avant moi. A l’époque, avec un âge inférieur à vingt cinq ans, en tant que responsable commerciale je devais gérer des hommes. Des pères de famille dirigés par une jeune fille, vous imaginez ce que ça peut-être ! Mais Dieu merci je m’en suis sortie. Mon patron n’avait pas du tout été d’accord avec mon départ de la société. En tout cas, le travail bien fait est une fierté.
Une grande dame en devenir qui, déjà à 25ans avait des pères de famille à mettre au pas. Faut-il être une dame de fer pour le faire ?
Pas forcement. Quand bien même de nature je ne suis pas très tendre quand il s’agit de travail (rire), ma stratégie était plutôt de faire participer tout le monde. Je me mettais toujours au niveau de tout le monde. En dehors du travail, on était comme des amis, des frères et sœurs. C’est vrai qu’il y a certains qui ne vous acceptent pas comme femme à leur tête et de surcroit une « petite fille » mais, je m’en suis sortie.
Que pensez-vous de la vie associative, bénévole, ou volontaire pour les jeunes ?
C’est mon monde et je me retrouve très bien. Je trouve que la vie associative forme énormément et c’est vraiment dommage que les jeunes ne s’y intéressent plus. C’est regrettable de constater aujourd’hui ce manque de volonté de la jeunesse d’aller vers le volontariat, alors que là on acquiert beaucoup d’expériences dans la vie en communauté, la bonne gestion des choses, le savoir assumer pleinement ses responsabilités pour ne citer que celles-là sans oublier qu’on se fait aussi des relations. Aujourd’hui on est obnubilé par l’argent à tel point que le bénévolat et la vie associative n’intéressent plus les jeunes. Or, tous les postes à pourvoir demandent de l’expérience et on ne peut l’acquérir que par le truchement des vies associatives, bénévoles et volontaires.
Quel a été donc votre parcours associatif, bénévole ou volontaire ?
Au lycée déjà je faisais partie du club UNESCO. J’avais 18 ans mais j’avais le germe de la création de mon association en tête sans même savoir s’il poussera. A partir des années 90, j’écrivais des livres pour enfants qui sont encore dans mes tiroirs attendant d’être publié. A cette époque là, j’achetais aussi des livres que je gardais dans ma chambre sans pour autant savoir ce à quoi ils me serviront après lecture. Les Chrétiens parleront d’appel, en association je ne sais comment le dire mais, je crois que c’est mon père qui m’a transmis ce virus puisqu’il était lui-même scout. La vie associative m’a apporté du dynamisme et de l’ouverture d’esprit. Si on me donne aujourd’hui les moyens, je changerai le visage culturel du TOGO (rire). J’avoue que ce n’est pas facile de travailler sans rien mais il faut continuer à y croire pour atteindre ses objectifs. Moi je ne baisse pas les bras devant les difficultés car je suis une « jusqu’au boutiste » (rire).
Parlez-nous de l’association Précieux Trésor de Vie?
Elle a été créée en 2004 et reconnue officiellement par l’Etat en 2007. Au début, l’association était créée dans le souci de travailler pour l’éducation et la protection des enfants avant de s’étendre sur les jeunes. Nos enfants ont grandi et sont devenus jeunes. Du coup, on a continué la route ensemble avec eux. Le nom Précieux Trésor de Vie lui a été donné parce que les enfants et les jeunes sont de précieux trésors, non seulement pour leurs parents mais aussi pour la nation toute entière. L’association a donc pour but de tout faire pour l’épanouissement de la jeunesse, sur les plans éducatif, social et culturel. Nous travaillons sur tout ce qui peut apporter un plus à l’épanouissement intégral de la jeunesse.
Qui peut donc être membre de la dite association ?
Tout ceux qui ont le désir de faire avancer les choses, de contribuer à faire de la jeunesse des valeurs sûres de l’avenir, peuvent adhérer à Précieux Trésor de Vie.
Alors comment y adhérer ?
Il suffit de nous contacter et nous le leur dirons. Nous sommes joignables au 22-36-98-00. Nous serons très heureux de les accueillir et d’échanger avec eux.
Vous aviez fait mention de la Maison des Jeunes-La Maison TV5 monde dans vos propos.
Parlez-nous de cette maison.
D’abord on est arrivé là grâce à Ados Mag notre magazine jeunesse. Ados Mag est un magazine des jeunes pour les jeunes par les jeunes car c’est eux qui écrivent dedans avec bien sur d’autres spécialistes. L’objectif était de leurs donner une tribune où s’exprimer, mais aussi promouvoir la langue française. La non maîtrise du français conduit à la baisse de niveau dont on parle aujourd’hui puisqu’il faut comprendre la langue pour pouvoir faire ou répondre correctement aux questions posées. A notre dernier numéro d’Ados Mag, dans une seule phrase de moins de 20 mots, il y a 11 fautes. Quand un élève du lycée écrit : « on va te suspendu », vous ne trouvez pas qu’il y a un problème ? C’est donc ce constat en plus de la crise de lecture actuelle qui nous a emmenés à créer Ados Mag qui se base sur deux thématiques : les études et une gestion responsable de la sexualité. C’est dans cette optique que l’ambassade de France et le chef de coopération qui était au Togo en 2009 nous ont suggéré l’idée de la Maison TV5 monde. Les maisons TV5 Monde sont là pour la promotion de la langue française et elles sont un peu partout dans le monde. Nous, notre vision ne se limitait pas seulement à la promotion de la langue française. Alors, nous nous sommes dit qu’il faille aller au-delà et en faire une Maison des Jeunes. Raison pour laquelle cette appellation Maison des Jeunes, Maison TV5 monde. Donc si vous voulez nous rejoindre, appelez-nous au 22-36-98-00 ou écrivez-nous sur notre adresse mail [email protected]
Nous arrivons à la fin de cet entretien très instructif. Mme, si vous aviez un mot pour clore cette interview, vous diriez ?
J’ai un rêve. Un rêve que je veux voir devenir réalité avec les jeunes filles du TOGO et d’ailleurs. Je rêve d’un grand mouvement de jeunes filles et jeunes femmes togolaises, puis africaines puis du monde entier pour donner une autre image de la femme. Ce seront des jeunes filles des villes et villages regroupées au sein du CERCLE de travail. Je veux que les jeunes filles du TOGO, d’Afrique et du monde entier qui ont cette vision me rejoignent, qu’elles fassent craquer ma boite mail [email protected] pour que nous mettions en route ce mouvement.
Pour finir, je veux dire à la jeunesse toute entière qu’il est temps qu’elle se prenne en charge. Les jeunes doivent tout faire pour mériter ce nom qu’on leur donne, « l’avenir de demain ». Ils doivent être acteurs de leur développement au lieu d’être spectateurs et attendre que tout se fasse pour eux.
A toute l’équipe de lfrii, c’est avec plaisir que je vous accueillerai pour qu’ensemble on puisse travailler sur des projets pour le bonheur des jeunes. Soyons des valeurs sûres pour demain. Je vous remercie.
Daniel AMOUZOU-LANTA

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