Quiconque a déjà regardé une série américaine mettant en scène des policiers interpellant un suspect a déjà entendu cette phrase : « vous avez le droit de garder le silence ». Cette célèbre formule n’est pas seulement une réplique de cinéma, mais constitue une véritable exigence procédurale, imposée par la jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis.
Les prémices de l’affaire Miranda
En 1963, alors qu’il est âgé de 22 ans, Ernesto Miranda est arrêté à Phoenix pour l’enlèvement et le viol d’une jeune fille. Après deux heures d’interrogatoire dans les bureaux de la police, le jeune homme avoue être l’auteur du crime et accepte de signer un formulaire reconnaissant sa culpabilité.
Ce formulaire débute par la formule « Je fais cette déclaration volontairement, en pleine connaissance de mes droits et en étant conscient qu’elle pourra être retenue contre moi ».
Cependant, à aucun moment Miranda n’avait été informé qu’il pouvait faire appel à un avocat ou qu’il n’était pas contraint de réitérer à l’écrit les aveux qu’il avait fait oralement. Aussi, comme les aveux du jeune homme étaient, durant son procès, la pièce centrale de l’accusation, son avocat en a contesté la recevabilité au motif qu’il n’avait pas à ce moment-là une pleine connaissance de ses droits.
