Savez-vous d’où vient l’expression « couper la poire en deux » ? Vous donnez votre langue au chat ? Ces expressions, nous les utilisons tous les jours sans réellement connaître leur véritable signification, qui remonte parfois au Moyen-Age (comme « se dorer la pilule par exemple ». On vous explique tout, sans tourner autour du pot.

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Apprendre la langue française lorsque l’on est étranger n’est pas une tâche aisée. Orthographe, grammaire, conjugaison, elle a tout pour nous emmêler. Et pourtant, même lorsque l’on croit la connaître, elle nous surprend encore.

Nous utilisons tous les jours des expressions qui n’avaient pas du tout la même signification quelques siècles plus tôt. Pensez-vous que « se dorer la pilule » parlait de bronzage en 1500 ? Ou que « poser un lapin » a toujours été utilisé pour une absence à un rendez-vous ? Et parce qu’il n’y en jamais deux sans trois, en voici encore un : savez-vous d’où vient l’expression « un·e de perdu·e, dix de retrouvé·es » ?

Alors pour savoir non pas comment « joindre les deux bouts » de votre mois, mais d’où vient cette expression que vous utilisez quand la soirée est compromise à cause de votre compte bancaire en négatif.

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Couper la poire en deux

A l’époque, la poire était un fruit dégusté avant le fromage car elle permettait de mieux le savourer. Alors que le repas touche à sa fin, mets et vins délient les langues. C’est le moment des confidences et compromis, d’où l’expression « Nous en parlerons entre la poire et le fromage » qui signifie « quand le moment sera propice ». Ainsi, « couper la poire en deux » renvoie à un compromis équitable entre les deux parties.

À deux vitesses

L’expression apparaît avec le courrier à deux vitesses : deux tarifs différents pouvaient être appliqués en fonction de l’importance du courrier. À la base neutre, l’expression est devenue négative avec le temps et les usages polémiques, notamment le livre « La France à deux vitesses » (1982) de Lionel Stoléru, pour aujourd’hui signifier le plus souvent une différence de traitement.

Un·e de perdu·e, dix de retrouvé·es

Au XIIIe siècle, « dix » était en fait « deux » ! On comprend donc mieux pourquoi ce proverbe ne se réalise jamais après une rupture. Pourtant, même si nos ancêtres étaient moins optimistes, le message était le même : la perte est facile à réparer.

Avoir une araignée au plafond

C’est dans le quartier Bréda aux environs de Notre-Dame de Lorette à Paris que naît cette expression. Un lieu où les prostituées de l’époque rencontraient leurs clients et racontaient ensuite, en parlant des plus fous, qu’ils avaient « une araignée au plafond ». L’araignée se logeant généralement dans des lieux négligés, délabrés et le plafond représentant le haut de la boîte crânienne, on comprend vite la métaphore.

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Un froid de canard

L’origine de cette expression provient du froid ressenti par les chasseurs lorsqu’ils sont à l’affût ou postés en bordure d’un plan d’eau, en plein hiver, au levé et au couché du soleil… Ainsi, ce n’est pas le canard qui avait froid, mais le chasseur qui le traquait. Vous comprenez mieux ?

Poser un lapin

Dans l’ancien argot, le mot lapin a connu plusieurs significations qui ont par la même occasion transformé cette expression. En premier lieu, le lapin désignait le passager des transports qui payait moins cher ou voyageait gratuitement. Ensuite, l’expression « poser un lapin » était utilisée lorsque les clients partaient sans payer la prostituée après leur entrevue. Mais aussi pour : promettre de l’argent à une fille et ne pas lui donner, faire attendre quelqu’un dans le froid… enfin, elle qualifie aujourd’hui toute absence volontaire à un rendez-vous.

Joindre les deux bouts

Si aujourd’hui joindre les deux bouts signifie arriver à joindre la fin d’un mois avec le début d’un autre, autrefois, cette expression était utilisée par les paysans qui parlaient de joindre les récoltes de l’année bientôt finie avec celles de la suivante.

Jamais deux sans trois

Tout ce qui se passe deux fois devrait obligatoirement se répéter une troisième. Mais pourquoi ? Tout simplement car il y a les trois états de la matière, les trois étapes de la vie (naissance, croissance, mort), les trois dimensions de notre monde… et que ces enchaînements sont inséparables.

Tourner autour du pot

L’expression s’est transformée très tôt pour devenir le fait de « ne pas aller droit au but » alors qu’elle parlait à l’origine d’un affamé rôdant autour du plat sans oser demander s’il y en aura pour lui.

Se dorer la pilule

À l’origine, « avaler la pilule » fait référence à quelque chose de difficile à accepter. Pourquoi une pilule ? Parce que leur goût était détesté par la plupart des gens. C’est pour ça qu’en 1575, on les enrobe d’une fine couche d’or pour le camoufler. Aujourd’hui la signification a bien changé : on va tout simplement bronzer et on se fait un joli teint doré !

Un nom à coucher dehors

Cette expression fait référence aux billets de logement, utilisés majoritairement par l’armée Napoléonienne, que les maires remettaient aux soldats de passage pour qu’ils puissent dormir et manger chez l’habitant. Mais attention, l’hôte pouvait refuser d’héberger le militaire (souvent à cause de leur nom étranger) qui se retrouvait donc à la rue. Il avait alors un nom à coucher dehors.

Joindre les deux bouts

Si aujourd’hui joindre les deux bouts signifie arriver à joindre la fin d’un mois avec le début d’un autre, autrefois, cette expression était utilisée par les paysans qui parlaient de joindre les récoltes de l’année bientôt finie avec celles de la suivante.