TELESCOPE

La construction du plus grand télescope du monde sur un lieu sacré ?

 

La construction du plus grand télescope du monde, le Thirty Meter Telescope (TMT), a été finalement approuvée le 13 avril par le département hawaïen du Territoire et des Ressources Naturelles, il sera installé au sommet du Volcan Mauna Kea sur l’île d’Hawaï. Cette décision entérine la négociation pour la sous-location du terrain par la direction états-unienne et canadienne du Thirty Meter Telescope.

Le télescope techniquement

La construction devra débuter en avril 2014 à 4200 mètres d’altitude pour les premières opérations scientifiques en 2021. Les coûts de construction sont estimés à 1 milliard de dollars. Le télescope observera des planètes qui gravitent autour d’étoiles autres que le Soleil et permettra de suivre la formation de planètes et d’étoiles. En captant des images d’objets distants de 13 milliards d’années lumières, il devrait fournir des informations sur les premiers instants de l’univers.

Le miroir primaire segmenté atteindra 30 mètres de diamètre soit neuf fois plus que les plus gros télescope optiques utilisé actuellement, ses images en seront trois fois plus précises. Le télescope sera cependant rapidement détrôné par le projet européen du European Extremely Large Telescope (E-ELT) de 39 mètres de diamètre au Chili. Cependant l’intégralité des pays participants n’a pas encore confirmé sa participation, la confirmation de la France a été annoncée en décembre dernier et celle du Royaume-Uni en mars réunissant 11 pays.

Controverse environnementale

La construction du TMT soulève une controverse parmi la population locale qui accuse le projet de violer le sommet sacré de la montagne. La tradition hawaïenne consacre les hautes altitudes considérées comme une voie vers le paradis. Auparavant, seuls les chefs de clans et les prêtres étaient autorisés à accéder au sommet du Kea Mauna. La montagne renfermerait effectivement au moins 5 sites funéraires historiques dont un a été révélé au grand jour. Des militants environnementaux s’inquiètent aussi pour le wekiu, un insecte endémique rare.

Ces critiques n’ont pas empêché les autorités hawaïennes d’approuver le projet du TMT mais en y ajoutant une vingtaine de conditions dont une formation des employés à la culture et aux ressources naturelles locales.

Déjà plusieurs précédents

Ce n’est pas le premier projet du Mauna Kea à essuyer des critiques environnementales: 2006 la NASA avait bataillé pour imposer son projet de télescopes stabilisateurs autour des télescopes jumeaux Keck. Sur l’île voisine de Maui, des astronomes n’ont obtenu leur permis de construction pour le Advanced Technology Solar Telescope de 4m au sommet du Mont Haleakala qu’en échange de l’emploi à plein temps d’une spécialiste de la culture et de la formation des travailleurs à “l’esprit du lieu”.

Le projet est conduit côté canadien par l’association des universités canadiennes pour la recherche en astronomie et, côté américain, par l’institut de technologie de l’université de Californie. La Chine, l’Inde et le Japon sont aussi partenaires de ce projet. Enfin l’université de Hawaï loue le terrain auprès de l’état d’Hawaï.

Le Mauna Kea héberge déjà une douzaine de télescopes dont le fameux télescope France-Canada-Hawaï. Cette montagne a une excellente réputation auprès des astronomes puisque son sommet se situe bien au-dessus de la couverture nuageuse ce qui offre une bonne vue du ciel 300 jours par an. Il faut ajouter à cela sa localisation dans une zone d’air peu pollué éloignée de lumière artificielle.

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