Biographie de Aynaw YITYISH TITI

Yityish Titi Aynaw née en 1992 est un mannequin Israélien d’origine Ethiopienne. Elle est devenue la première immigrée Ethiopienne à être élue Miss Israël (2013). Elle est également la première Miss Noire en Israël.

Première reine de beauté israélienne d’origine éthiopienne, Yityish Aynaw est un symbole. Une couronne qui ne cache pas les difficultés d’intégration de sa communauté en Israël.
Née à Gondar en Ethiopie dans une famille d’origine juive, Yityish “Titi” Aynaw, avait 2 ans à la mort de son père et 12 lorsque sa mère décède à son tour. En 2002, l’orpheline est alors envoyée chez ses grands-parents à Netanya en Israël et placée dans un internat religieux. Quelques mois après avoir terminé son service militaire avec le grade de lieutenant, la voilà donc reine de beauté. Le genre de parcours qui colle comme un gant au modèle d’intégration prôné par le projet sioniste. L’an dernier, l’opérateur de Télécom Cellcom recueillait ainsi tous les suffrages avec son spot publicitaire mettant en scène une mère éthiopienne reçue à l’aéroport Ben Gourion par sa soldate de fille, manifestement après des années de séparation.

Dans un pays qui a fait du “retour des exilés” sa raison d’être et où la stratification sociale est encore fluide, il reste, il est vrai, relativement aisé pour les nouveaux arrivants juifs de se fondre dans le mainstream national.

La tâche est cependant sacrement plus difficile pour la communauté éthiopienne. Au milieu des années 1980, les premiers juifs fuyant l’Ethiopie de Mengistu au terme d’un périple meurtrier à travers le Soudan, avaient été accueillis en héros. L’opération Salomon, qui avait permis d’acheminer 14.000 d’entre eux en 36 heures grâce à un pont aérien organisé par le Mossad en 1991, avait été saluée comme le sauvetage d’une tribu perdue du royaume d’Israël, héritière de la légendaire reine de Saba. Depuis, l’immigration continue au compte goutte, mais l’enthousiasme s’est tari.

Il est vrai que cette communauté de 130.000 personnes cumule les désavantages sociaux-économiques: pauvreté, délinquance, violences conjugales, chômage et sous-qualification. En comparaison la communauté russophone, arrivée au même moment, mais bardée de diplômes, a fait un bond dans l’échelle sociale.

Les optimistes rappellent que le phénomène est connu, et que dans les années 1950 les juifs originaires du Maroc, d’Irak ou du Yémen ont eux aussi eu du mal à monter dans le wagon de la société israélienne. Il faut pour cela une génération, assurent-ils. Comme pour leur donner raison, à l’image de Miss Israël, la jeune génération éthiopienne semble d’ailleurs montrer les signes d’une intégration réussie après être passée par le moule de l’armée et l’université, où elle bénéficie de la gratuité des frais de scolarité. Ce qui n’empêche les Ethiopiens de se plaindre d’être considérés comme des citoyens de seconde zone.

“Nous sommes bloqués par un plafond de verre”, analyse Shimon Solomon, arrivé d’Ethiopie il y a 30 ans et qui a pourtant tiré son épingle du jeu: ancien officier parachutiste devenu diplomate, il vient d’être élu à la Knesset, le parlement israélien, sur la liste du parti centriste laïc Yesh Atid. “Les fondements de la société israélienne ne sont pas racistes, mais nous sommes sans contestes stigmatisés.”

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