Maladie d’Alzheimer : une nouvelle avancée dans les recherches

Beaucoup de chemin reste à parcourir mais une méthode simple de détection pourrait bientôt être disponible chez le médecin. Des chercheurs des universités américaines de Georgetown (Washington, D.C) et Rochester (New York) ont mis au point un test sanguin qui permet de savoir avec précision si une personne en bonne santé est susceptible de développer d’ici quelques années la maladie d’Alzheimer, une dégénérescence cérébrale incurable liée à l’âge. Quelque 860 000 personnes souffrent en France de démences de type Alzheimer et le nombre de malades devrait atteindre deux millions en France en 2020 selon l’Inserm.

L’étude est parue dimanche dans la revue scientifique de référence Nature médecine (article payant). Jusqu’à présent les seules méthodes connues étaient les coûteuses techniques intrusives de l’imagerie médicale (tomoscintigraphie par émission de positons (TEP)) ou une ponction lombaire afin d’analyser le liquide céphalo-rachidien du cerveau.

Une baisse suspecte des niveaux de lipides

Le grand avantage de cet outil de diagnostic est qu’il détecte la maladie avant même que le patient n’éprouve les premiers symptômes. Après avoir longtemps hésité à se concentrer sur l’ADN ou sur les protéines, les neurologues ont opté pour une étude sur plusieurs années des graisses produites par le corps, des lipides. Ils ont prélevé du sang sur des seniors en bonne santé et âgés de plus de 70 ans. Un peu plus de 5 ans plus tard, 28 d’entre eux étaient atteints de la maladie. 

En comparant les analyses sanguines, ils se sont rendu compte que ces malades avaient 10 lipides particuliers à des niveaux plus bas que les autres cas étudiés. Ils ont alors comparé ces résultats aux niveaux de lipides de malades d’Alzheimer confirmés qui souffraient également de la même carence. Leur théorie est que le processus de la maladie débute bien avant les problèmes de mémoire et les lipides baissent en même que les cellules du cerveau commencent à mourir.

Les scientifiques espèrent appliquer leur test à des volontaires entre 40 et 50 ans, explique à CNN, le directeur de l’étude, Mark Mapstone. Car cela permettrait une recherche de traitement préventif plus rapide si les cobayes sont sûrs de contracter la maladie à plus ou moins long terme. Reste l’épineuse question – très personnelle – de savoir si le patient veut être au courant qu’une horrible maladie, toujours sans vaccin, ni traitement, viendra perturber sa vie dans quelques années.

Source : LeParisien avec Joël DAGBA

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