Affaire Cacao : victoire de la Côte d’Ivoire et du Ghana contre le géant Hershey

Premier producteur mondial de cacao avec plus de 40 % du marché, la Côte d’Ivoire, suivi de près par son voisin le Ghana, numéro deux, avec plus de 20% du marché ont lancé une offensive médiatique sans précédent contre Hershey et Mars, deux multinationales américaines. Elles sont accusées d’acheter du cacao ou de la pâte de cacao sans payer le différentiel de revenu décent (DRDqui s’élève à 400 dollars par tonne de cacao (en sus du prix du marché) et qui est destiné à mieux rémunérer les planteurs, dont des millions vivent dans la misère en Afrique de l’Ouest.

Le Conseil Café Cacao (CCC) de Côte d’Ivoire et le Ghana Cocoa Board (Cocobod), organes nationaux de gestion des filières cacao qui visent à garantir que les multinationales achètent du « cacao durable » respectant des critères de production éthiques, n’entraînant pas de déforestation ou ne recourant pas au travail des enfants notamment, avaient par conséquent décidé de suspendre les programmes de certification de Hershey.

Mais la sanction avait été levée vendredi. « Cette levée de suspension fait suite à votre engagement définitif à payer le DRD », a écrit le directeur général du CCC, Yves Koné, dans un courrier au groupe Hershey. 

Samedi, le fabricant de tablettes de chocolat a déclaré « reconnaître l’importance et la valeur du DRD pour améliorer la vie des planteurs », démentant ne pas payer cette prime. Il s’est dit « heureux d’avoir pu s’expliquer avec la Côte d’Ivoire et le Ghana pour clarifier » la situation. Tout comme son confrère, le groupe Mars Wrigley a lui aussi « catégoriquement démenti » ne pas payer le DRD et affirme avoir été « la première société à soutenir publiquement » ce mécanisme. « Nous sommes déçus que d’autres dans l’industrie aient récemment choisi d’autres circuits d’achat ».

La Côte d’Ivoire et le Ghana « ont gagné une bataille, Hershey était coincé », juge un trader préférant garder l’anonymat. « Mais Hershey a quand même gagné beaucoup d’argent en achetant 30 à 40 000 tonnes de cacao sans payer le DRD, et après ils ont juste demandé pardon et la sanction a été levée. Le risque c’est que les autres multinationales fassent la même chose ».

“Cette affaire montre que quand le Ghana et la Côte d’Ivoire sont ensemble, ils font les prix du cacao“, estime un expert sous couvert d’anonymat. “Mais si on veut vraiment améliorer le sort des planteurs sur le long terme, il faut que tout le monde s’y retrouve, y compris les groupes chocolatiers, les transformateurs et tous les intermédiaires”. Et d’ajouter : “Il faut que tout les acteurs de la filière cacao-chocolat s’assoient autour d’une table et voient comment on peut augmenter la valeur et la répartir plus équitablement”.

Avec Africanews

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