La justice japonaise a refusé que l’ancien patron de Renault et Nissan, libéré sous caution, puisse être réuni avec son épouse une heure par jour en présence d’un avocat.

La Cour suprême japonaise a rejeté un recours des avocats de Carlos Ghosn contre les restrictions imposées à l’ancien PDG de Renault-Nissan, qui l’empêchent notamment de voir son épouse, a révélé un de ses avocats, Takashi Takano, mardi 21 mai. Ce dernier dénonce une situation “inhumaine et scandaleuse, même au regard des critères japonais”.



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Libéré sous caution le 25 avril après son deuxième placement en détention, qui a duré trois semaines, Carlos Ghosn s’est vu imposer des conditions plus drastiques que lors de sa première sortie de prison, début mars, durant laquelle il avait pu séjourner avec Carole Ghosn.

La décision de la Cour suprême “entérine la décision du tribunal de Tokyo d’interdire toute communication entre M. Ghosn et son épouse Carole sans une permission spécifique”, détaille l’avocat.

“Encore un an” avant le procès, estime son avocat

Pour que Carlos Ghosn obtienne une entrevue avec sa femme, “notre requête doit être basée sur des raisons spécifiques, urgentes” qui justifieraient une rencontre, explique Takashi Takano. Ainsi, une demande “pour une heure par jour en présence d’un avocat” déposée dès sa libération avait été refusée.

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Cette mesure est destinée à éviter la destruction de preuves, Carole Ghosn étant soupçonnée par le parquet d’avoir contacté des protagonistes du dossier. Son avocat estime que cette mesure viole la Constitution japonaise et le pacte des Nations unies relatif aux droits civils et politiques, un argument rejeté par la Cour suprême.

Le fait d’être privé de sa femme “touche mentalement” Carlos Ghosn, qui “a l’air déprimé”, affirme son avocat. Il a par ailleurs interdiction de quitter le territoire, son accès à internet est fortement restreint et sa résidence est placée sous la surveillance de caméras.

L’avocat espère que ces contraintes pourront être aménagées à mesure que le procès de Carlos Ghosn se rapproche. Selon lui, “le processus de préparation va prendre au moins encore un an”. L’ancien patron de Renault et Nissan fait l’objet de quatre inculpations par la justice japonaise : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers, et deux pour des cas différents d’abus de confiance aggravé, dont détournement présumé de fonds de Nissan.

Avec France Info