Affaire DSK : Ce que devient Nafissatou Diallo, 10 ans après l’accusation

Il y a dix ans, jour pour jour, éclatait l’affaire DSK. Alors patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn est accusé d’agression sexuelle par une employée du Sofitel, l’hôtel où il occupait une suite à New York, le 14 mai 2011.

Le scandale, impliquant une femme de chambre noire et un homme politique puissant, a provoqué une déflagration dans le monde entier, stoppant net les ambitions élyséennes de DSK. Dans l’œil du cyclone, Nafissatou Diallo a tout perdu. Sa vie a été “ruinée” par cet “accident”, comme elle l’évoque “avec pudeur”, relate Olivier O’Mahony, correspondant aux États-Unis, sur RTL ce vendredi 14 mai.

Ce journaliste est l’un des rares à avoir pu approcher l’ancienne employée de l’hôtel. Cette dernière lui a expliqué se sentir “traquée” et “privée de justice”. “Elle a été suivie en voiture sur le parking de son immeuble, elle a toujours ce sentiment d’insécurité”, ajoute le journaliste sur RTL.

Qualifiée d’affabulatrice, traînée dans la boue à l’époque où la parole des victimes de violences sexuelles n’était pas crue, Nafissatou Diallo a disparu des radars après avoir signé un accord avec Dominique Strauss-Kahn, mettant ainsi un terme à cette procédure ouverte un an et demi auparavant.

 La culpabilité de l’ancien ministre de l’Économie, qui a toujours nié le viol, n’a jamais été reconnue. Après neuf ans de silence, la quadragénaire d’origine guinéenne, réfugiée dans la banlieue de New York, est sortie de sa réserve, pour les besoins d’un long entretien accordé à Olivier O’Mahony pour Paris Match, en septembre 2020. Au cours de cette interview-fleuve, elle lève légèrement le voile sur sa nouvelle vie et sur les obstacles qu’elle a traversés depuis sa rencontre avec l’ex-député français.

Avec la somme perçue fin 2012, soit 1,5 million d’euros d’après plusieurs sources concordantes, Nafissatou Diallo a acheté un restaurant dans le Bronx, Chez Amina, dont elle a dû se séparer après un incendie. Elle a également publié un livre pour raconter sa propre version de l’affaire, co-écrit avec la sœur de son avocat, qui n’a pas fait d’émules, d’après les constatations de Paris Match.

Pour le reste, la principale intéressée ne souhaite pas révéler les détails de son quotidien, par souci de protection. “Après le règlement au civil, j’ai été submergée de lettres, d’inconnus le plus souvent, qui me parlaient comme si j’avais touché le jackpot et me demandaient de l’argent. […] J’ai dû quitter mon appartement, emménager dans un immeuble sécurisé en dehors de New York”, a-t-elle affirmé auprès de l’hebdomadaire.

Outre cet échange-fleuve avec Paris Match, l’ancienne femme de chambre s’est également confiée dans un documentaire, Chambre 2806 : l’affaire DSK, mis en ligne sur Netflix en décembre dernier. Si le film, réalisé par Jalil Lespert, retrace avec minutie les accusations de viol, il ne livre aucun détail sur la vie de la victime. Tout juste reconnaît-elle que sa vie “a changé, à jamais”.

Avec Gala

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