Un homme soupçonné d’être l’auteur de l’agression mortelle qui a tué Mamoudou Barry, un enseignant-chercheur guinéen près de Rouen, a été interpellé lundi, a-t-on appris de source policière, confirmant une information de LCI. « Il a été identifié sur la base de l’exploitation de vidéos et de témoignages », a expliqué une source à l’AFP. Le suspect a été interpellé ce matin à Rouen à 9h30 et a été placé en garde à vue. Voici ce que l’on sait à ce stade de cet homme.

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Antécédents psychiatriques

Le suspect, de nationalité turque, né en 1990, est originaire de Canteleu, dans la banlieue de Rouen, où s’est déroulée l’agression, mais n’y habite plus. Il vit dans l’agglomération de Rouen, selon « Paris Normandie ».

« C’est un petit voyou connu pour des délits mineurs, comme de stupéfiants », a indiqué à l’AFP une source policière. Il a des « antécédents psychiatriques ».

« Crime raciste »

De même source, le suspect portait « un maillot du club turc de Galatasaray », un club de football d’Istanbul, au moment des faits qui ont eu lieu vendredi vers 20h20, peu avant la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre l’Algérie et le Sénégal, ce qui a aidé à le confondre, selon France info.

Le suspect aurait en effet été identifié grâce à des images des caméras de vidéosurveillance du réseau de transports en commun, l’agression s’étant déroulée près d’un arrêt de bus.

« Il s’agit d’un crime raciste, sans aucun doute, mais rien ne permet d’établir que c’est en lien avec la finale de la CAN. Rien ne permet de dire aussi qu’il a été agressé par un supporteur algérien », avait indiqué plus tôt à l’AFP l’avocat de la famille Me Jonas Haddad.

« Vous les sales noirs, on va vous niquer ce soir »

Vendredi soir, Mamoudou Barry, enseignant-chercheur à l’Université de Rouen-Normandie, avait été invectivé par son agresseur, à la hauteur de l’arrêt de bus Provence à Canteleu, alors qu’il rentrait chez lui en voiture avec son épouse, selon des proches de la victime et l’avocat.

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 « L’agresseur les a pointés du doigt et a dit : “Vous les sales noirs, on va vous niquer ce soir”», a expliqué Kalil Aissata Kéita, enseignant chercheur à l’Université de Rouen, lui aussi Guinéen et « ami proche » de la victime.

Mamadou Barry serait descendu de sa voiture pour demander des explications. L’agresseur « l’a frappé à coups de poings et de bouteilles », puis, « la victime est mal tombée, il a perdu beaucoup de sang. Quelqu’un a tenté de lui faire un massage cardiaque », a expliqué Me Haddad. Transporté au CHU de Rouen, Mamoudou Barry, père d’une petite fille, est mort samedi.

Mamoudou Barry, âgé de 31 ans, avait soutenu une thèse de droit le 27 juin à Rouen sur les « Politiques fiscales et douanières en matière d’investissements étrangers en Afrique francophone », selon le site de l’Université.

Marche blanche

Une marche blanche doit être organisée vendredi à Rouen, a précisé l’avocat.

Cette agression mortelle avait suscité dimanche une cascade de réactions politiques, de droite comme de gauche. Le député LR Éric Ciotti s’est dit « scandalisé par ce crime barbare », tandis que la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s’est dite également « choquée ».

« Le racisme à en pleurer. Une femme, une fille dévorées par le chagrin parce que la vie de celui qu’elles aimaient a rencontré un abruti », s’était indigné pour sa part le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

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Dans un communiqué diffusé lundi, SOS Racisme estime que « toute la lumière doit être rapidement faite sur les circonstances de cet acte barbare. En effet, il flotte sur cet acte criminel un parfum de racisme sur lequel les services enquêteurs doivent rapidement se prononcer ».

Avec L’Obs

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