L’élection présidentielle algérienne, rejetée massivement par les manifestants et sans candidat sérieux déclaré, n’aura pas lieu le 4 juillet comme prévu.

La Cour constitutionnelle algérienne a annoncé le report du scrutin, a fait savoir la télévision publique dimanche 2 juin. « Le Conseil constitutionnel rejette les deux dossiers de candidature déposés » et annonce par conséquent « l’impossibilité de tenir la présidentielle le 4 juillet ».



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Ce scrutin était censé permettre l’élection d’un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée.

Le Conseil a précisé qu’il revenait au chef de l’Etat par intérim de « convoquer de nouveau le corps électoral et de parachever le processus électoral jusqu’à l’élection du président de la République et la prestation de serment ». La haute juridiction n’a pas fourni de nouvelle date pour la tenue du scrutin.

Cette annonce survient alors que des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi pour la quinzième semaine d’affilée pour protester contre le régime, rejetant l’offre de dialogue formulée dans la semaine par le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Ils ont également rendu hommage à un militant des droits humains, Kamel Eddine Fekhar, mort en détention, et accusé le pouvoir d’être responsable de son décès.

« Pas d’élections avec le “gang” »

Les rues du centre d’Alger étaient à nouveau noires de monde en ce dernier vendredi du mois musulman de ramadan. L’imposant cortège s’étirait dans plusieurs rues autour de la Grande Poste, point de ralliement des manifestations hebdomadaires depuis le premier vendredi de contestation, le 22 février.

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Des rassemblements de grande ampleur ont aussi eu lieu à Oran, Constantine et Annaba, deuxième, troisième et quatrième villes du pays, selon des journalistes locaux. L’agence officielle APS a recensé des manifestations dans 32 des 48 régions du pays.

« Pas d’élections avec le “gang” » au pouvoir, « Pas de dialogue avec le “gang” et le pouvoir », martelaient les manifestants, qui qualifient d’issaba (« gang ») les dirigeants déjà en place sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Avec Le Monde