Algérie : le directeur de la télévision nationale limogé sur fond de revendication

Le directeur de la télévision nationale algérienne, Toufik Khelladi, a été limogé aujourd’hui, a annoncé l’agence de presse officielle APS. Le motif de cette éviction n’a été donné.

En effet, Toufik Khelladi faisait face depuis un mois à une fronde sans précédent de ses salariés, notamment les journalistes, qui dénoncent la «censure» sur les chaînes nationales, apparue au grand jour avec la couverture des manifestations d’ampleur réclamant le départ d’Abdelaziz Bouteflika, dont l’Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Comme leurs collègues de la radio nationale, les salariés de la télévision publique dénoncent des «pressions» de leur hiérarchie qui les a contraints à initialement passer sous silence ces manifestations inédites, puis à en faire état mais en atténuant les mots d’ordre.

Leurs protestations sont elles aussi largement inédites, les manifestations de mécontentement au sein des établissements publics étant jusqu’ici essentiellement liées à des revendications salariales ou aux conditions de travail.

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Aujourd’hui, pour la troisième semaine de suite, les salariés de la télévision nationale ont manifesté devant le siège de l’institution à Alger et observé une minute de silence, la main symboliquement posée sur la bouche pour dénoncer les entraves à leur métier.

Toufik Khelladi, qui était à ce poste depuis 2012 après avoir occupé celle de la radio nationale, est remplacé par Lotfi Cheriet, membre de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel, a indiqué APS.

Ancien journaliste, Lofti Cheriet fut auparavant directeur de l’information de la télévision nationale et directeur de Canal Algérie, sa chaîne généraliste francophone, selon APS.

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