Algérie: les promesses du nouveau président par intérim pour calmer la foule

Les appels à manifester se multiplient sur les réseaux sociaux, suite à la nomination mardi du président par intérim Abdelkader Bensalah. Cependant, l’homme de 78 ans veut rompre avec l’ancien système. 

À peine nommé président par intérim par le Parlement, Abdelkader Bensalah s’est engagé mardi soir à organiser sous 90 jours « un scrutin présidentiel transparent et régulier » qui impliquera toutes les couches sociales et classe politique malgré l’opposition de la rue lors d’un discours retransmis à la télévision d’Etat ce mardi.

En vertu de la Constitution, Abdelkader Bensalah, président de la chambre haute du parlement depuis plus d’une décennie ne pourra pas être candidat à cette élection. De plus, il s’est engagé à travailler dans l’intérêt du peuple. Toutefois, sa nomination, au poste de président par intérim, fait polémique. 

La rue exige que les hommes clés de l’appareil Bouteflika soient écartés du pouvoir. Cependant, le chef d‘État-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, de facto nouvel homme fort du pays, demande que la succession de M. Bouteflika se fasse dans le strict respect de la Constitution. En attendant, le gouvernement et le Parlement algériens restent en place. Le président par intérim n’a ni le droit de procéder à un remaniement ni celui de dissoudre l’Assemblée nationale. 

Enfin, pas question de toucher à la Constitution. Aucune réforme ne peut être opérée durant cette période de trois mois. Abdelkader Bensalah ne peut pas non plus accorder de grâce ou convoquer un référendum.

L’accession de Bensalah à la tête du pays ne calmera pas la contestation. L’homme en question, à la tête du Sénat depuis dix-sept ans, n’est pas le symbole du renouveau et c’est un proche d’Abdelaziz Bouteflika. Il est d’ores et déjà contesté par la rue, par la société civile et par des partis politiques. Sa prise de fonction ne calmera pas la rue, et l’armée le sait. Pour la presse comme pour les observateurs, la prise de pouvoir d’Abdelkader Bensalah aggrave la crise.

Mais l’armée a répété que la solution devait être constitutionnelle, que seul le respect de la légalité permettrait de sortir de la crise. Et c’est ce respect du droit qui fait qu’Abdelkader Bensalah est désormais président par intérim.

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