L’émotion suite au décès de DJ Arafat est toujours grandissante. Le directeur général d’Universal Music Africa, Moussa Soumbounou, s’est exprimé ce mercredi 14 août 2019 sur RFI au micro de Christophe Boisbouvier dans son émission ‘Invité Afrique’. Il était question pour le DG d’Universal Music Africa, d’expliquer pourquoi il avait engagé il y a cinq ans, DJ Arafat.

Christophe Boisbouvier : Comment vous réagissez à la mort de DJ Arafat ?



Moussa Soumbounou : Cette nouvelle nous a fait beaucoup de peine chez Universal Music Africa. Aujourd’hui, on réagit comme des personnes qui viennent de perdre un ami un voisin. Arafat est une icône de la musique africaine et de la culture afro urbaine et donc nous sommes très attristés pour sa famille, pour ses enfants, les enfants qu’il laisse derrière lui, mais aussi pour tout un peuple qui est endeuillé, tout un continent. Aujourd’hui on est dans un état compliqué et en même temps on a envie d’honorer sa mémoire. Je regardais ce matin les dernières vidéos qu’il m’a envoyées et on a envie d’honorer sa joie de vivre, toute cette puissance, toute cette force qui caractérisait Arafat.

DJ Arafat était la star du coupé décalé, qu’est-ce qu’il avait de plus que les autres ?

Arafat radiait de lumière c’était un artiste puissant. Il faut l’avoir connu pour comprendre. C’est un créateur. Il excelle dans les domaines du coupé décalé, une musicalité incroyable. Un compositeur arrangeur, un chanteur un DJ, c’est un autodidacte, une personne d’une compétence incroyable et en même temps qui a une grande force de caractère et une grande confiance en lui. Il ne pouvait être que le patron du coupé décalé est même l’un des grands patrons de la musique africaine tout court.

Il était né dans le milieu de la musique. Sa mère était chanteuse et son père ingénieur du son. Il vous en parlait des fois ?

Il en parlant de manière assez libre. Il a eu comme tout un chacun, des moments de disparité avec son cercle d’éducation premier, mais il m’a toujours montré une grande marque de respect pour tout ce qu’il a constitué tout au long de sa carrière. Ses parents, sa famille, ses amis, son groupe d’adoption de motards, sa famille d’adoption, son premier quartier. Il a été toujours très très respectueux de tout ça.

Didier a débuté il y a 15 ans comme DJ justement dans les clubs de la Rue princesse à Yopougon. Est-ce la raison pour laquelle il était si populaire ?

Je pense que sa popularité dépassait ce cadre-là. Effectivement oui parce que c’est quelqu’un qui est proche du peuple et qui a porté cette couronne parce qu’on lui a donné. Il n’a pas pris cette couronne, on lui a donné cette couronne parce qu’il a été l’un des premiers artistes, le premier du coupé décalé à remplir à l’époque le Palais de la culture et le public lui voue un culte incroyable, mais ça dépasse les frontières de la Côte d’Ivoire. Moi j’ai pu le voir en show au Cameroun, je l’ai vu au Mali, je l’ai vu en France les discothèques je l’ai vu en salle je l’ai vu dans les Caraïbes. Arafat est un phénomène qui a un socle culturel commun à tous les Afro descendants et tous les Africains et tous les autres autour de la planète.

DJ Arafat est l’un des rares artistes africains à avoir signé dans une grande compagnie comme Universal Music France. C’était il y a cinq ans. Qu’est-ce qui vous a motivé dans ce choix ?

Je pense que c’est évident ! Universal Music cherche comme toute entreprise commerciale à faire des collaborations avec des talents ou des personnes qui ont un fort potentiel de développement ou une grande base de données de fans et Arafat est l’artiste le plus influent de la Francophonie et le troisième artiste le plus influent du continent qui cumule le plus de followers plus de deux millions. Le premier francophone de très loin. C’est quelqu’un qui prouve au quotidien qu’il aime les challenges qu’il les relève et les gagne.

Il a fait sortir le coupé décalé de Yopougon il l’a fait connaître en Afrique et dans le monde entier. Il a collaboré avec de grands autres musiciens internationaux

Exactement Maître Gims. Il a fait beaucoup de collaborations il a travaillé avec lui. Il a travaillé avec Lazar. Il a travaillé aussi avec Dadju, il a travaillé avec énormément de monde et je pense que les artistes de la scène urbaine française lui vouent un respect énorme et le reconnaissent comme un leader absolu et gravé sur la musique africaine et même la culture urbaine dans le monde entier.

Je vous remercie !

Avec RFI