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Aux USA, les démocrates engagent une procédure de destitution de Donald Trump

Donald Trump, président des Etats-Unis

Lors d’une allocution sobre et pourtant historique, la Speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé à Washington l’ouverture d’une enquête officielle en vue d’une destitution de Donald Trump. Une première étape vers une mise en accusation du président américain, soupçonné d’avoir fait pression sur son homologue ukrainien pour tenter de nuire à son rival potentiel pour 2020, Joe Biden.

Longtemps réticente à lancer une telle procédure pour les risques politiques qu’elle comporte, Pelosi, troisième personnage de l’Etat après le Président et le vice-président, a finalement répondu à la pression grandissante d’élus démocrates. «Les actes du Président jusqu’à ce jour ont violé la Constitution», a-t-elle accusé mardi, affirmant que Trump avait «trahi son serment» de président, «la sécurité nationale» et «l’intégrité des élections» américaines. «Personne n’est au-dessus des lois», a asséné Pelosi.

De nombreuses enquêtes parlementaires à l’encontre du président américain, pour des affaires distinctes, sont déjà en cours : pour entrave à la justice, corruption, abus de pouvoir… Mais la perspective d’une procédure en destitution s’était estompée avec la fin de l’enquête sur le Russiagate, le procureur spécial Robert Mueller ne donnant pas de directives claires aux élus du Congrès. Nancy Pelosi se refusait jusqu’ici à parler d’impeachment. Arguant de l’issue trop incertaine d’une telle procédure dans un Congrès divisé, et des risques pour le Parti démocrate en novembre 2020 à la présidentielle comme aux législatives, notamment dans les circonscriptions fauchées de justesse aux républicains en 2018. Mais l’affaire ukrainienne a fait sauter le pas à «Madam Speaker».

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Nancy Pelosi a demandé aux six commissions de la Chambre basse qui enquêtent déjà sur le Président de se placer dans le cadre de cette procédure d’impeachment. L’article 2 de la Constitution américaine stipule que «le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des Etats-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs». Si les commissions rassemblent suffisamment d’éléments à charge, elles pourront rédiger des articles de mise en accusation, qui seront soumis au vote en séance plénière. Les démocrates étant majoritaires à la Chambre, le risque que Trump soit mis en accusation – «impeached» – est élevé, d’autant qu’une majorité simple suffit.

Le président américain, qui a tweeté frénétiquement après l’annonce de Nancy Pelosi, a notamment posté une vidéo montrant les démocrates se succédant les uns après les autres pour appeler à sa destitution. Un quasi-clip de campagne pour sa réélection, qui s’achève avec ce texte : «Alors que le seul objectif des démocrates est de se battre contre Trump, Trump se bat pour vous.»

 

Si la procédure en destitution arrivait devant la Chambre, Donald Trump deviendrait le quatrième président de l’histoire des Etats-Unis à en faire l’objet : Andrew Johnson en 1868, Richard Nixon en 1974 et Bill Clinton en 1998. Le second a démissionné avant le vote de la Chambre des représentants, et les deux autres ont été acquittés au Sénat.

Avec liberation.fr

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