La ville d’origine de Boni Yayi, Tchaourou, a été marquée par des violences entre forces de l’ordre et manifestants, cette semaine, après l’arrestation de plusieurs personnes.

Si les autorités évoquent une enquête sur des incendies criminels commis les 27 et 28 avril, la veille et le jour du scrutin, les militants locaux du FCBE, parti de Boni Yayi, affirment que les suspects ont été arrêtés car ils avaient relayé les appels de l’opposition à boycotter le scrutin.

L’arrestation a fait l’effet d’une étincelle dans ce fief de Thomas Boni Yayi. Les manifestants ont alors bloqué la route principale qui traverse la ville, l’axe reliant Cotonou à Parakou, la deuxième ville du pays, à 50 km plus au Nord.

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Dans une déclaration ce vendredi 14 juin, le ministre de l’Intérieur Sacca Lafia a donné des précisions sur la situation.

Voici le message

A l’occasion des élections législatives du 28 avril 2018, des actes de vandalisme et de troubles à l’ordre public ont été enregistrés dans certaines localités de notre pays. En vue d’élucider ces faits et de situer les responsabilités, les autorités compétentes ont ouvert des enquêtes comme il est de tradition en pareille circonstance.

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Pour faire échec à la procédure, afin qu’elle n’aboutisse pas, notamment dans la commune de Tchaourou, certains individus se sont organisés pour semer le trouble. Dans la foulée, comme lors des faits déplorés, des délinquants ont incendié des maisons dont les habitants n’ont eu la vie sauve que grâce à la promptitude et au dévouement des forces de sécurité. Ces mêmes délinquants ont brûlé le commissariat de la localité et bloqué la circulation dans les deux sens de la voie Inter-Etat Cotonou-Malanville.

Pour parvenir à leur fin, ils ont littéralement dégonflé les pneus et arraché les valves de plusieurs centaines de gros-porteurs et de bus de transport en commun qu’ils ont immobilisés en biais en intimidant et en rançonnant les conducteurs, créant ainsi de lourds préjudices aux usagers et aux opérateurs économiques. Face à cette situation, les agents de forces de défense et de sécurité déployés ont fait preuve de responsabilité, de retenue et de patience. Afin d’éviter le pire, ces agents ont, dans une démarche pédagogique procédé à la sensibilisation des acteurs troubles et les ont appelés à la raison en vain.

Pour libérer la voie et rétablir la circulation, les agents des forces de sécurité et de défense ont été envoyés en renfort. C’est alors qu’à la hauteur de la commune de Savè, ils ont été pris à partie par d’autres groupuscules qui ont également érigé des barricades. Dans cette ambiance à Tchaourou comme à Savè ces groupuscules ont fait usage de fusils de chasse et d’armes blanches, blessant grièvement une trentaine d’agents qui ne faisaient que leur travail de maintien d’ordre.

Afin de mettre fin au désordre et d’empêcher les badauds de dicter leur loi, du personnel de soutien a été dépêché sur le terrain. Depuis lors, la situation est sur contrôle. Le calme revient progressivement. J’invite alors nos populations à rester sereines et les rassure que le gouvernement s’emploie à garantir leur sécurité de même que la libre circulation des personnes et des biens.

En tout état de cause, force doit rester à la loi.