Bénin : l’homme qui murmure à l’oreille du président Patrice Talon

Au pouvoir depuis 2016, le président Patrice Talon peut compter sur des fidèles dont l’ex-président de l’Assemblée nationale béninoise, Bruno Amoussou.

Dans sa parution du jour, Jeune Afrique consacre un portrait à ce personnage, aussi craint que respecté, décrit comme discret et considéré comme l’un de ceux que le chef de l’Etat consulte le plus.

Mais pour l’intéressé, il ne se retrouve pas dans tous ces clichés qu’on lui attribue. « On me présente tel que je ne suis pas. Si je veux voir Talon, je le peux. Lui, c’est pareil. Mais l’idée selon laquelle je serais son conseiller occulte ne reflète pas la réalité. Je ne cherche d’ailleurs pas à l’être », assure-t-il.

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La première rencontre entre les deux (2) hommes remonte à l’entre-deux tours de la présidentielle de 1996, nous apprend Jeune Afrique. En 2006, Talon avait envisagé de soutenir ce dernier, avant de rallier Thomas Boni Yayi. Quant à Amoussou, dont l’écart d’âge avec Talon est d’une génération, il aurait apporté un discret soutien à son cadet lors du scrutin de 2016, révèle-t-il.

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Bruno Amoussou

L’heure de Bruno Amoussou

Dans les premières années du mandat de Talon, il a certes pâti de l’omniprésence d’Adrien Houngbédji, l’ancien président de l’Assemblée nationale. Mais il est aujourd’hui l’un des piliers du régime.
Il s’est naturellement imposé comme le leader de l’Union progressiste (UP), l’une des deux formations politiques issues de la mouvance présidentielle et dont il partage la direction avec le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, et avec Abraham Zinzindohoue, président de l’une des deux branches de la Renaissance du Bénin (RB).

C’est au domicile d’Amoussou que se tiennent les réunions importantes et ce n’est pas un hasard si le nom du parti est inspiré de celui de l’UN. L’UP a d’ailleurs remporté les élections législatives en avril dernier, renforçant un peu plus son statut.

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Soglo et Yayi, les responsables de la crise post-électorale

Alors que le pays est toujours dans l’impasse, Amoussou pointe du doigt la responsabilité des deux anciens présidents Soglo et Yayi.

« Sans eux, l’opposition aurait participé aux élections, assure-t-il. Ils ont tout fait pour provoquer la crise institutionnelle afin de contraindre le chef de l’État à organiser des assises nationales, ce qui les aurait remis au centre du jeu. Soglo se bat pour que son fils, Léhady, en exil en France depuis 2017, puisse rentrer au pays, alors que Yayi ne cherche qu’à reconquérir le pouvoir. Si l’opposition veut discuter pour trouver des solutions, il faut qu’ils renoncent à leurs ambitions ou que les autres membres prennent leurs distances avec eux », confie-t-il.

Prêt à tout ?

Amoussou porte-t-il une part de responsabilité ?, se demande le journal. De nombreux opposants voient sa main derrière la dérive autoritaire au sommet de l’État. « Il a voulu régler des comptes. Il est prêt à tout pour conserver son pouvoir. C’est lui ou rien », vocifère l’un de ses anciens fidèles. « J’ai tout fait pour arranger les choses, faisant la navette entre les uns et les autres pour que le pays ne s’embrase pas », objecte l’intéressé. Il n’empêche : pour beaucoup, il est le véritable architecte de la nouvelle charte des partis politiques votée en juillet 2018. « Je suis heureux que Talon se soit rallié à la conception du pouvoir que je prône depuis trente ans. Tant que nos chefs d’État ne seront pas issus de partis politiques forts, notre pays ne pourra pas se développer », répond-il au journal avec fausse modestie.

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