Boeing 737 MAX : le régulateur aérien américain FAA a menti au Congrès

Le régulateur aérien américain FAA a fait de fausses déclarations au Congrès en assurant que ses employés chargés d’évaluer les pilotes et la formation nécessaire pour opérer le Boeing 737 MAX avaient les qualifications requises.

Lire aussi : Crashes des 737 Max : Boeing propose une grosse somme à chaque famille de victimes

C’est la conclusion tirée par l’Office of Special Counsel (OSC), chargée d’enquêter sur des informations fournies par des lanceurs d’alerte, dans une lettre adressée au président Donald Trump et mise en ligne lundi.

Selon elle, les déclarations de l’agence fédérale de l’aviation (FAA) sur la compétence de certains de ses inspecteurs étaient “trompeuses” et “soulèvent des questions importantes”.

Un lanceur d’alerte avait contacté l’OSC affirmant que les inspecteurs de la FAA chargés de s’assurer de la qualité de la formation des pilotes de deux modèles de Boeing, dont le 737 MAX, n’étaient pas eux-mêmes suffisamment formés pour cette tâche.

Ces inspecteurs sont chargés de s’assurer que les pilotes sont bien formés et établissent les critères pour pouvoir piloter un avion. L’OSC dit avoir déterminé, au terme de son enquête, que : “16 des 22 inspecteurs de la sécurité (…) n’avaient pas terminé la formation d’usage. De plus, 11 des 16 inspecteurs sous-formés ne disposaient pas du diplôme d’instructeur de vol certifié, ce qui est le minimum requis pour ce type de fonction”.

Lire aussi : CPI – Appel de Bensouda : comment Gbagbo a appris la mauvaise nouvelle

Nouveau camouflet pour le régulateur aérien américain

Qui plus est, les inspecteurs sous-qualifiés ont attribué le fameux sésame, “check rides”, autorisant un pilote à opérer un nouvel avion ou un appareil modifié. L’OSC déplore par conséquent, qu’en dépit de ces défaillances qu’il a mises à jour, la FAA ait affirmé au Congrès, le 4 avril dernier, que “tous les inspecteurs de vol ayant pris part à des activités de certification standard du Boeing 737 MAX (…) étaient compétents”. “La réponse de la FAA aux demandes du Congrès au sujet des allégations sur la compétence (de ses inspecteurs) soulève des interrogations importantes”, s’inquiète l’OSC.

L’OSC indique avoir eu accès à des communications internes de la FAA, lesquelles “suggèrent que les réponses officielles de l’agence concernant la compétence de ses inspecteurs, dont ceux associés au 737 MAX, ne sont pas en ligne avec ses conclusions” à elles. “Les réponses officielles de la FAA au Congrès semblent trompeuses sur leur description de la formation et de la compétence de ses employés”, conclut par conséquent l’OSC.

Ce jugement sévère est un nouveau camouflet pour la FAA, critiquée de toutes parts depuis deux accidents mortels (346 morts) rapprochés impliquant le 737 MAX. L’agence a notamment confié à Boeing l’homologation de systèmes de sécurité importants, dont le MCAS, système anti-décrochage mis en cause dans ces accidents.

Avec L’Express

Similaires