Après six années de e-commerce en Afrique de l’Ouest et comptant près de 500 000 clients, la start-up Afrimarket, basée à Paris, a demandé son placement en liquidation judiciaire au tribunal de commerce de Paris. La cause de ce renoncement : trop de difficultés à lever les fonds suffisants pour atteindre la taille de « mastodonte » que sa fondatrice Rania Belkahia, née en 1989, estime nécessaire pour se maintenir dans le e-commerce africain.

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Depuis sa création en 2013, Afrimarket avait réuni 50 millions d’euros dont 20 millions en quatre levées de fonds, le reste en concours bancaire et en réinvestissement de chiffre d’affaires. A partir de 2018, alors que la société atteignait un chiffre d’affaire de 30 millions d’euros, ses fondateurs ont cherché à lever 20 millions d’euros supplémentaire pour renforcer sa croissance.

Distancés par Jumia

Deux investisseurs se sont alors montrés particulièrement intéressés, mais après huit mois d’audit de pré-levée, ils ont renoncé à investir au milieu de l’été 2019.

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« Je comprends que les investisseur soient frileux à propos du e-commerce en Afrique, reconnaît Rania Belkahia. Il y a des marges faibles, des problèmes opérationnels qui peuvent faire perdre de l’argent. Et puis nous étions dans une situation complexe avec un acteur [Jumia, qui a levé 200 millions d’euros en avril 2019, ndlr] prenant de l’avance après avoir levé plusieurs centaines de millions, ce qui suscite la peur du winner takes all [le gagnant remporte tout, ndlr] ».

L’expérience fut pourtant constructive et approfondie : « il y a six ans, nous sommes partis de rien », rappelle la jeune fondatrice. En 2019 Afrimarket était devenue à la fois une marketplace, une plateforme de paiement en ligne et de logistique, avec ses livreurs sa flotte de véhicules.

« La société était en pleine croissance mais il lui fallait encore une injection de capitaux importante pour atteindre une taille critique qui nous aurait permis de nous maintenir sur ce marché. Malheureusement nous avons sous-estimé les moyens nécessaire pour atteindre cette taille critique », explique Rania Belkahia.

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Liquidation judiciaire

Après le renoncement des deux investisseurs potentiels, toutes les solutions ont été envisagées pour maintenir Afrimarket à flot, relate sa fondatrice sans vouloir entrer dans les détails. La start-up, qui avait jusqu’alors le soutien de ses investisseurs historiques, s’est finalement retrouvé à court de trésorerie, contrainte de se tourner vers le tribunal de commerce pour être placée en liquidation judiciaire.

Aujourd’hui les 250 employés de la start-up se retrouvent sans emploi. Une trentaine d’entre eux est basée à Paris (où siège la société), les autres sont répartis dans les cinq filiales d’Afrimarket (Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Mali, Bénin). « La priorité est maintenant d’accompagner les salariés pour la suite, ils ont été formé au e-commerce et disposent d’une valeur forte sur le marché l’emploi », souligne Rania Belkahia.

Avec JeuneAfrique