Le lundi 2 novembre, le premier ministre québécois François Legault a critiqué la position de Justin Trudeau sur les « limites » de la liberté d’expression, objet d’un vif débat au Parlement, et a soutenu celle d’Emmanuel Macron après la polémique sur les caricatures de Mahomet.
« Je suis vraiment totalement en désaccord avec M. Trudeau. Il faut protéger la liberté d’expression », a affirmé François Legault lors d’un point presse. « Je suis d’accord avec Emmanuel Macron », a-t-il ajouté. « On ne peut pas accuser des personnes qui ont fait des caricatures », a expliqué François Legault. « On ne peut pas justifier de cette façon-là la violence ».
Le Premier ministre canadien, interrogé le vendredi 30 octobre sur la liberté de critiquer le prophète Mahomet comme l’a fait Charlie Hebdo, avait estimé que la liberté d’expression n’était « pas sans limite », et ne devait pas « blesser de façon arbitraire et inutile » certains groupes ou communautés. Tout en condamnant les récents attentats terroristes en France, Justin Trudeau prenait ainsi ses distances avec la position du président français, qui a fermement défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d’expression. Ces déclarations, après la décapitation le 16 octobre par un islamiste d’un enseignant français, Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète de l’islam, ont entraîné des manifestations antifrançaises dans plusieurs pays musulmans ces derniers jours.
