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Ces 10 fautes de français dans un mail professionnel qui ne pardonnent pas

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Pléonasmes, anglicismes, etc. Il n’est pas impossible que ces fautes se glissent dans nos courriels professionnels.

On se dit que ce n’est pas important. Qu’après tout, une petite faute de rien du tout n’est rien de plus qu’une étourderie. Hélas, tout dépend de la personne à laquelle nous nous adressons. Il est de ces individus que les erreurs orthographes rebutent et qui croient percevoir en elles un manque de sérieux ou pire, d’intelligence. Le Figaro vous propose un tour d’horizon de ces pièges à éviter lors de la rédaction d’un courriel professionnel.

Il y a d’abord les pléonasmes. Dans la précipitation et, mû par la volonté de bien faire, nous voulons rassurer notre employeur. Lui soutenir que, promis, il aurait tous les détails du dossier, le compte rendu d’un chantier ou la conclusion d’une étude, «incessamment sous peu» (ne pas oublier, au passage, le redoublement de la consonne «m»). Mais voilà, «sous peu» est un synonyme d’«incessamment». Ce dernier signifie «sans délai, d’un moment à l’autre, très prochainement». Il en va de même pour la locution «actuellement en cours»: «actuellement» caractérise le «moment même où l’on parle, où l’on agit, en cours». Enfin, il y a le classique «entre deux alternatives». Une alternative est une «proposition qui énonce deux choses dont une seule est vraie», peut-on lire sur le site du CNRTL. Ainsi, une alternative comporte en soi deux possibilités. Dire «je vous propose deux alternatives» revient à en proposer… quatre.

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Les formules de politesse peuvent s’avérer de vrais casse-tête. «Cordialement» ou «bien à vous»? Il y a aussi les phrases de remerciements. Ces dernières sont multiples et il est impératif de les maîtriser. Sachez ainsi qu’il est incorrect d’écrire: «Je vous remercie en avance de votre réponse.» Comme le rappelle l’Académie française dans l’ouvrage Dire, ne pas dire (Philippe Rey), «en avance s’emploie pour parler d’une action qui a eu lieu avant le moment fixé ou prévu.» Un sens légèrement différent des locutions «par avance», «à l’avance» ou encore, «d’avance» qui, elles, sont tout à fait acceptables dans le cas suivant: «Je vous remercie par avance/ à l’avance/ d’avance de votre réponse».

«Délivrer des informations», un anglicisme

Nous prononçons au quotidien des formules latines comme «a priori», «in fine», «et cetera», «gratis» ou encore, «idem». Mais aussi «a minima» que nous utilisons… mal. C’est-à-dire, le plus souvent, au sens d’«au moins». Or, «la locution a minima s’emploie dans le domaine du droit, et se rencontre dans l’expression appel a minima, qui signifie que le ministère public fait appel pour augmenter une peine qu’il juge en inadéquation avec la faute commise», nous apprennent les sages. «Cette locution, tirée du latin juridique a minima poena, ‘‘à partir de la plus petite peine’’, appartient donc à une langue spécialisée et ne doit être employée que dans ce cadre.» Ainsi, on ne doit pas faire d’a minima le synonyme d’«au moins».

De même, nous confondons souvent «efficient» et «efficace». Si nous voulons parler d’un employé et rendre compte de son travail exceptionnel, rapide et soigné, alors il faut dire qu’il est «efficace» (ou «compétent»). En effet, l’adjectif «efficient» est un terme philosophique qui signifie «qui possède en soi la force nécessaire pour produire un effet réel». Par exemple: «un sculpteur est la cause efficiente de la statue qu’il taille», notent les Académiciens. Depuis les années 1950, «efficient» a pris un nouveau sens emprunté à l’agnlais et s’applique «à ce qui est réellement agissant: il peut servir par exemple à qualifier une machine ou des moyens mis en œuvre pour telle ou telle action».

Un autre anglicisme est l’expression «délivrer des informations». Le verbe «délivrer» est issu du latin chrétien deliberare, «libérer, rendre à la liberté». Il s’est également spécialisé dans le domaine médical et signifie aussi «accoucher une femme». Il est possible, par extension, de l’employer en parlant de marchandises ou de documents. Bref, des objets concrets. Mais l’utiliser au sens de «donner des informations» est incorrect. Préférons: «fournir des informations».

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 «Y’a-t’il» ou «Y a-t-il»?

C’est une toute petite faute. Vraiment, c’est l’affaire d’une lettre. La négation «ne». Dans certaines constructions grammaticales, cette dernière est atone. C’est ainsi qu’il disparaît. Par exemple, nous avons tendance à écrire «on est pas loin» plutôt qu’«on n’est pas loin». Comme on peut le lire dans Dire, ne pas dire, «il est des cas où l’omission de ce ne peut changer le sens du texte. Si dans Ultima VerbaVictor Hugo avait écrit au lieu de ‘‘Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis!…’’, ‘‘Si l’on est plus que mille, eh bien, j’en suis!…’’, le résistant courageux se serait mué en suiveur calculateur.»

«Y’a-t’il un horaire qui vous arrangerait?» L’erreur est fréquente. En français, l’apostrophe est présente pour noter l’élision d’une voyelle placée en fin de mot devant un autre mot commençant aussi par une voyelle ou par un h muet. Exemple: «J’aime», «l’arbre», «la femme d’Hector» au lieu de «Je aime», «le arbre», «la femme de Hector». En revanche, on n’écrit pas «y’a-t’il» car «ni le y ni le t ne sont des formes résultant d’une élision: le t n’est pas la forme élidée du pronom te, mais une lettre euphonique que l’on emploie pour éviter un hiatus disgracieux», expliquent les Académiciens. Ainsi faut-il écrire: «Y a-t-il?»