La police catalane a annoncé ce mercredi 1er avril 2026 l’ouverture d’une enquête sur «les chants islamophobes et xénophobes» entonnés hier soir lors du match amical de football entre l’Espagne et l’Egypte à Barcelone, en Catalogne. La rencontre, qui se déroulait dans le stade la Cornella, enceinte de l’Espanyol Barcelone, a été marquée par des chants islamophobes «Qui ne saute pas est musulman !» entonnés par toute une tribune de supporteurs espagnols.
A la mi-temps, un message a été affiché sur les écrans géants, rappelant que la loi «interdit et sanctionne la participation active à des actes violents, xénophobes, homophobes ou racistes». «Nous enquêtons sur les chants islamophobes et xénophobes d’hier au RCDE Stadium lors du match amical Espagne-Egypte», a indiqué ce mercredi la police catalane.
L’événement a fait réagir jusqu’au gouvernement. «Les insultes et les chants racistes nous font honte en tant que société», dénonce le ministre de la Justice, Félix Bolaños. «L’extrême droite ne laissera aucun espace libre de sa haine et celles et ceux qui se taisent aujourd’hui en seront complices», a-t-il accusé, assurant que le gouvernement de gauche du Premier ministre, Pedro Sánchez, «continue à travailler pour un pays tolérant et respectueux de toutes et tous».
Mardi soir, la Fédération espagnole de football a aussi dit«condamner tout acte de violence dans les stades» et «s’associer au message d’un football contre le racisme». Son président, Rafael Louzán, évoque des chants «isolés» qui «ne doivent pas se reproduire».
«Dégoût total et absolu»
En conférence de presse d’après match, le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente a, pour sa part, dit ressentir du «dégoût total et absolu face à toute attitude xénophobe, raciste ou irrespectueuse», dénonçant des chants «intolérables» et appelant à «identifier» et sanctionner leurs auteurs. «Nous devons tous nous entraider pour que les chants racistes soient éradiqués des terrains de football», a ajouté le milieu de terrain Pedri face à la presse.
Malgré les efforts des autorités et plusieurs condamnations en justice, le football espagnol ne parvient toujours pas à éradiquer le racisme dans ses stades et sur les terrains. La star brésilienne du Real Madrid Vinicius Junior, devenu le symbole de la lutte contre les discriminations dans le monde du football, en a été la cible la plus fréquente depuis son arrivée à Madrid, en 2018. Mais seule une partie de ces incidents ont mené à des sanctions.
Ces faits écornent l’image du pays alors que l’Espagne organisera la Coupe du monde de football en 2030, au côté du Portugal et du Maroc.