Merdan Ghappar, un mannequin ouïghour de 31 ans parvient à envoyer une courte vidéo de sa détention à sa famille qui la transmet à la BBC.
Publiée le mardi 04 août 2020, la vidéo du jeune homme montre ses conditions de détention. Loin des vidéos promotionnelles où il posait pour le détaillant Taobao, la vidéo le montre dans une petite pièce nue, menotte à la main, avec de l’acier posé sur les fenêtres. Le jeune homme est assis en silence, avec un air anxieux.
Dans la vidéo on peut également voir ses vêtements sales, ses chevilles enflées et des menottes fixant son poignet gauche au cadre métallique du lit, le seul meuble apparent de la pièce.

Merdan Ghappar a aussi pu envoyer des messages, également transmis à la BBC par sa famille. Il explique qu’il a d’abord été détenu dans une prison d’un poste de police à Kucha, dans la région autonome du Xinjiang (ouest de la Chine).
« J’ai vu de 50 à 60 personnes détenues dans une petite pièce ne dépassant pas 50 mètres carrés, des hommes à droite, des femmes à gauche. Tout le monde portait un soi-disant ‘’costume quatre pièces ‘’: une cagoule noire sur la tête, des menottes, des chaînes pour les jambes et une chaîne en fer reliant les poignets aux chaînes. »
« J’ai soulevé ma cagoule et dit au policier que les menottes étaient si serrées qu’elles me blessaient les poignets », écrit-il dans l’un des messages transmis au groupe de presse anglais.
« Il m’a violemment crié dessus en disant : ‘’ Si vous enlevez à nouveau votre cagoule, je vais vous battre à mort ‘’. Après cela, je n’ai pas osé parler. Mourir ici est la dernière chose que je veux. »
« Mon corps entier est couvert de poux. Chaque jour, je les attrape et je les enlève de mon corps. Ça me démange tellement », écrit-il encore, racontant aussi qu’une fois, il a entendu un homme crier du matin au soir.
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Dans l’affaire des détenus Ouïghours, on évoque des camps d’internement pour les Ouïghours, des détentions massives, des disparitions, du travail forcé, des stérilisations forcées, la destruction du patrimoine culturel ouïghour et en particulier des lieux de culte, la surveillance de la population et plus globalement tout le système répressif mis en place dans cette région.
La Chine, elle, parle de « mensonges ». Elle se dit, « fermement opposés à l’utilisation des questions religieuses à des fins politiques et d’ingérence dans les affaires intérieures de la Chine »