Claude Grunitzky, 44 ans, est à l’initiative de « Trace Urban », la troisième chaîne de télévision musicale au monde. Président de « True », une agence de conseil en communication, cet entrepreneur franco-togolais peut donner dans la même semaine une conférence au MIT, à Harvard, et à HEC Paris. Portrait.
Né à Lomé, Claude Grunitzky a étudié à Washington puis à Paris. Il en garde des souvenirs marquants. « C’est en France que j’ai réalisé que j’étais différent. Je ressentais constamment, à cette époque, la méfiance de la part de mes camarades de classe ».
Après une année à l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, il part à 20 ans au Royaume-Uni où il étudie la finance au Birkbeck College de l’université de Londres. Il commence alors une carrière de journaliste en tant que pigiste du quotidien britannique The Guardian et intègre en 1994 le magazine Dazed & Confused. Au sein du magazine londonien, il lance une revue mensuelle qui plaît outre-Atlantique. Il décide donc d’aller s’installer à New York en 1998 pour créer la version américaine du journal qu’il nomme « Trace » comme « trace ta route ». Son objectif : créer des contenus susceptibles de faire « sens » dans différents pays.
Les débuts sont difficiles mais sa rencontre en septembre 2001 avec Richard Warner, vice-président de Goldmann Sachs, lui permettra de lever des fonds pour développer la marque et créer la chaîne de télévision. La culture est aussi une échappatoire pour le jeune entrepreneur. Issu de la famille de l’ancien président du Togo, Nicolas Grunitzky, Claude avoue sa lassitude des débats politiques permanents à la maison.
Au bout de quinze ans au groupe Trace, il revend la marque en 2010 et lance une nouvelle agence de communication qu’il nomme « True ». Celle-ci acquiert très vite une notoriété en créant des médias pour les gouvernements du monde entier qui veulent investir en Afrique.
