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Coupe du monde 2022 : comment fonctionne le hors-jeu semi-automatique, qui sera introduit au Qatar ?

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Quatre ans après l’introduction de la VAR, en Russie, la Coupe du monde de football va jouer à nouveau le rôle d’incubateur d’innovations technologiques. Lors de l’ensemble des 64 matchs qui se joueront au Qatar du 20 novembre au 18 décembre, un outil capable de détecter un hors-jeu de manière semi-automatique sera à disposition du corps arbitral.

Certains ont déjà pu se familiariser avec cette technologie. Testée pour la première fois lors de la Coupe arabe en 2021, elle a ensuite été mise en place lors de la dernière Coupe du monde des clubs en février dernier et surtout lors de la phase de groupes de Ligue des champions cette saison. Elle a, par exemple, invalidé le but du joueur du FC Copenhague, Rasmus Falk, relevant que ce dernier était hors-jeu d’un bout de genou face au Borussia Dortmund, le 6 septembre.

“L’assistance vidéo à l’arbitrage a déjà eu une influence très positive sur le football, car nous pouvons constater que le nombre d’erreurs majeures a été considérablement réduit. La technologie semi-automatisée de détection du hors-jeu va nous permettre d’aller encore plus loin” et de prendre des “décisions plus rapides et plus précises”, s’était réjoui le président de la commission des arbitres de la Fifa, Pierluigi Collina, lorsque l’instance avait officialisé l’utilisation de l’outil lors du Mondial 2022, le 1er juillet dernier.

Capteurs, intelligence artificielle et modélisation 3D

Douze caméras, placées sous le toit du stade, suivent le ballon et les 22 acteurs. Jusqu’à 29 points de données sont contrôlés sur chaque joueur, 50 fois par seconde, pour déterminer les positions exactes sur le terrain. La technologie est capable d’exclure les parties du corps qui ne sont pas pertinentes pour juger un hors-jeu, comme les bras.

Un capteur est également placé au centre du ballon, lequel envoie des informations 500 fois par seconde. Grâce au travail d’une intelligence artificielle, une alerte est envoyée aux arbitres vidéo lorsqu’une situation litigieuse est détectée. Ces derniers prennent ensuite une décision, après avoir vérifié manuellement le départ de la passe. Le processus est censé ne prendre qu’une poignée de secondes, le temps de générer une modélisation en 3D de la situation étudiée, plus claire pour les spectateurs.

“Là, où vous attendez parfois une minute, une minute trente, le temps de placer les lignes manuellement, le nouveau système dit tout de suite s’il y a hors-jeu”, explique Cyril Gringore, qui officiera en tant qu’arbitre assistant lors du Mondial.

Celui qui a expérimenté le hors-jeu semi-automatique à plusieurs reprises, notamment lors d’Inter Milan-Bayern Munich, le 7 septembre dernier, est déjà conquis : “Les seules choses qui changent pour nous, c’est la rapidité et la précision de la prise de décision. En termes de protocole, ça ne change rien pour nous. On doit retarder notre décision quand on pense qu’il y a hors-jeu. L’avantage est donné à l’attaque et on ne lève le drapeau qu’à la fin de l’action.”

Le hors-jeu semi-automatisé, SAOT d’après son acronyme en anglais (“Semi-Automated Offside Technology”), est un outil supplémentaire. A l’image de la VAR, son utilisation est strictement encadrée par un protocole. Il ne saurait se substituer au jugement de l’arbitre.

“S’il est infaillible d’un point de vue technique, il demande tout de même un contrôle humain. Les assistants continueront à prendre des décisions. La technologie ne viendra que pour soutenir ou non la décision”, insiste Benoît Millot, sélectionné en tant qu’arbitre VAR pour le Mondial.