Le Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (CVCI) salue la décision d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) contre l’acquittement de Laurent Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé.

« On salue cette action, c’est une suite logique, parce que les victimes risquaient de voir leurs droits violés et la crédibilité de la Cour pénale internationale, entamée », a déclaré Issiaka Diaby, président du CVCI, suite à l’appel de la procureure contre l’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé.



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Selon lui, « si madame la procureure n’avait pas agi ainsi, c’est les fondamentaux de la Cour pénale internationale qui allaient être atteints ». Il a en outre invité la juridiction et le procureur à travailler en synergie avec les acteurs sur le terrain pour « corriger les manquements ».

« Heureusement que la Cour reconnaît qu’ il y a eu des victimes. Et s’il y a eu des victimes, qui est à l’origine, c’est Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé », a-t-il clamé, souhaitant que les victimes obtiennent « justice et réparations ».

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Kouadio Konan Bertin dit KKB, un cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, opposition), avoue ne plus rien comprendre, personnellement, dans le fonctionnement de la Cour pénale internationale.

« Des gens sont innocentés, il y a une volonté manifeste de les maintenir loin de leur pays, je ne comprends plus rien à cette justice-là », a-t-il dit, tout en insistant « je ne comprends vraiment plus rien sur les vraies intentions de la CPI ».

Dans un communiqué, le Front populaire ivoirien (Fpi, parti fondé par M. Gbagbo), notamment la frange qui le reconnaît comme président, a soutenu que la procureure, Mme Fatou Bensouda a « décidé d’assumer un rôle politique » dans cette affaire.

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« Nous allons donc nous employer à lui donner la réponse politique qui convient à cet acharnement », affirme le parti qui se dit « serein et confiant pour la suite des événements dans la mesure où l’innocence de Gbagbo et Blé Goudé a été établie et reconnue par la Chambre de 1ère instance ».

Le FPI (camp Gbagbo) estime qu’ « il n’y a donc pas de raison que le droit ne soit pas dit par les juges de la Chambre d’appel. C’est pourquoi le peuple de Côte d’Ivoire est déjà engagé dans la dynamique de paix et de réconciliation ».

« La procureure n’a jamais fait reposer sa démarche sur des principes de justice, mais sur de la politique » et « les observateurs attentifs qui ont suivi ce procès depuis huit ans le savent », soutient le parti de M. Gbagbo.

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Pour le président du Conseil d’administration de la Coalition ivoirienne de la Cour pénale internationale (CPI), Ali Ouattara, cette décision juridique qui suit son cours, devrait permettre d’apporter des éléments nouveaux.

Le bureau de la procureur dans l’affaire Gbagbo et Charles Blé Goudé a déposé lundi l’acte d’appel. Il aura « désormais 30 jours pour le dépôt de son mémoire d’appel détaillant les motifs juridiques de son appel (en tout 90 jours depuis la notification de la décision d’acquittement) ».

Après avoir reçu le mémoire d’appel du Procureur et entendu les points de vue des parties sur les motifs d’appel, les juges de la Chambre d’appel examineront ensuite si la décision en première instance doit être confirmée ou non, mentionne le texte de la CPI.

Avec Apanews