Comment tromper les systèmes qui nous surveillent ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre Emily Wenger et Shawn Shan, 2 doctorants du SAND Lab, au sein de l’Université de Chicago (Etats-Unis). Avec une idée plutôt élémentaire : polluer les bases de données des outils de reconnaissance faciale déployés à grande échelle pour les induire en erreur. De leurs travaux résulte un projet, devenu logiciel opérationnel, baptisé Fawkes, en hommage au masque de Guy Fawkes popularisé par le film V pour Vendetta et le collectif Anonymous. Il est accessible à tous les internautes.
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Pour comprendre le fonctionnement de Fawkes, il faut revenir sur celui de certains systèmes de reconnaissance faciale, parmi lesquels celui de Clearview AI. Décrite dans un article du New York Times publié en janvier 2020, l’application est utilisée par des centaines de polices américaines, ainsi que par le FBI. Sa force est d’“Aspirer” des millions de photos publiques provenant des réseaux sociaux, 3 milliards de clichés auraient ainsi été collectés, afin de générer une immense base de données associant des images à des noms et des adresses. Des informations ensuite utilisées par la police pour identifier un suspect en quelques minutes.
Pour les créateurs de Fawkes, le meilleur moyen de venir à bout de ce système est de lui fournir des images inutilisables. Le logiciel est ainsi capable de modifier très légèrement une image -par exemple une photo de profil Facebook- en y glissant de minuscules détails provenant du visage d’un tiers n’ayant aucune ressemblance. Une transformation peu perceptible à l’œil nu, qui, une fois la photo “aspirée” dans la base de données, va empêcher le système de reconnaissance faciale de reconnaître l’individu concerné.
