Docteur Fiagnon Kodzo

Dr JFK 3Bonjour Docteur Fiagnon Kodzo, vous êtes médecin gynécologue obstétricien au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio et assistant chef clinique à l’Université de Lomé. Merci de nous avoir reçus cet après-midi afin de partager avec nous votre parcours.

 

Bonjour à l’équipe L-FRII et merci pour l’interview. Je pense que vous avez pris une bonne initiative pour présenter certaines personnes aux freelearners.

Présentez-vous aux freelearners.
Je suis Docteur FIAGNON Kodzo Joseph, gynécologue obstétricien au CHU Sylvanus Olympio depuis plus de 20 ans. Je suis un ancien interne des Hôpitaux, un titre distinctif que les étudiants en médecine connaissent.
Parlez nous de votre parcours scolaire du primaire au Lycée dans le temps et dans l’espace?
Parlant de mon parcours scolaire, j’ai commencé l’école primaire à AHEPE KPOWLA dans la préfecture du YOTO avec à la clé mon Certificat d’Etude Primaire(CEP) et le concours d’entrée en 6ème en 1974 à 12 ans.
Le collège, je l’ai fait dans le même village où j’ai obtenu mon brevet à 16 ans en 1978
J’ai fais le Lycée à Tabligbo chef-lieu de la préfecture où j’ai obtenu mon Baccalauréat Série D en 1982 à 20 ans.
Avez-vous des souvenirs particuliers à partager avec nous lors de votre parcours primaire et secondaire ?
Ce qui est particulier à signaler c’est qu’au CM2 pour le CEP, on était 52 dans la classe et 48 réussit en fin d’année ce qui est quand même énorme dans le temps vu qu’on est dans un village. Ceci est due au fait qu’on avait un enseignant qui ne lésinait pas avec le bâton.
En notre temps pour passer au lycée il fallait passer un concours d’entré en seconde ce qui n’est pas le cas aujourd ‘hui.
Aussi au début je voulais faire le Lycée Technique mais faute de moyen puisqu’il fallait être à Lomé je m’étais rabattu sur Lycée moderne à Tabligbo.
Dans notre lycée, il y avait dans le temps une pénurie d’enseignant et donc c’étaient les ingénieurs de WACEM ou quelques fois les gardiens de la paix de la préfecture qui venaient nous faire les cours.
Notez aussi que dans notre temps, le Baccalauréat Première Partie(BAC1) était supprimé et donc évidemment il n’y avait qu’un seul examen au lycée.
Parlez nous de votre parcours universitaire?
Le 15 octobre 1982 était le premier jour à la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie.

En arrivant à la faculté cette année, il y avait 50 doublant alors que le nombre d’étudiants à accepter en deuxième année était 25. Vous imaginez la bataille alors entre les anciens eux-mêmes, contre les nouveaux et entre nous les nouveaux.

En fin d’année, ils ont pris que 24 pour la deuxième année, 10 pour doubler et plus de 380 étudiants étaient exclus de la faculté non pas par leur médiocrité mais à cause du numérus clausus.

J’étais le 4ème de ceux qui ont doublés. Le décanat dans le temps a vu le carnage fait et donc a réduit le nombre de doublant à 10 pour donner la chance aux nouveaux étudiants.

Je suis donc passé en deuxième année en 1984 avec 17 autres étudiants. Cette promotion de 18 étudiants a donc fait le cursus jusqu’à notre fin de cycle.

En 6ème année, j’ai passé le concours d’internat avec 1 mois de préparation alors qu’il faut le préparer depuis la deuxième année à cause du manque de moyen. J’ai passé le concours en novembre 1988.

Il faut noter que ce concours est très sélectif puisqu’on prend que 5 à l’écrit. A l’oral, on élimine encore et donc pour mon cas, on était 4 à réussir après l’oral où j’étais le 4ème.

Après le concours, on donne la possibilité de choisir directement sa spécialité au lieu d’attendre la fin du 7ème année avant. Moi j’ai choisi la gynécologie. L’internat pour moi à commencé en 1989 et à durer 4 ans à CHU Tokoin actuel CHU Sylvanus Olympio.

Après mon doctorat, je suis allé au Bénin pour la spécialité. Quand ils ont vu mon curriculum vitae avec le nombre d’année passé dans le service de gynécologie en tant qu’interne titulaire, j’ai été mis directement en 4ème année de spécialisation. J’ai passé l’examen avec une réussite à la clé le 11 Avril 1995 à zéro heure de Cotonou.

Je suis devenu médecin gynécologue obstétricien confirmé et je suis revenu au bercail pour exercer au Togo.

En 2001, je suis parti en France pour 5 ans pour apprendre d’autres techniques opératoires et me perfectionner.

Vous êtes médecin et enseignant. Comment conciliez-vous les 2 responsabilités ?
Vous savez, quand tu passes le concours d’internat et tu réussis, tu commences à donner des cours puisque vous êtes les meilleurs.Quand le professeur n’était pas disponible tu fais les cours et donc dans mon cas je faisais des cours aux élèves assistants, sages-femmes et même à la faculté. Donc, je gère les cours et aussi mon service d’interne titulaire au CHU.Cela m’avait permis de me préparer. En réalité, ce sont ceux qui réussissaient au concours d’interne qui devenaient des professeurs à la fin dans le temps.

En 2000 on a changé le système à la faculté et donc pour faire la carrière hospitalo-universitaire, il faut passer le concours d’assistanat. L’internat existe toujours puisqu’il permet d’anticiper sa spécialisation et donc de gagner au moins deux ans par rapport aux autres étudiants. Dans mon cas, j’ai gagné 3 années.

Docteur, qui est un médecin gynéco-obstétricien ?

C’est un docteur généraliste qui s’est spécialisé dans les maladies de l’appareil génital de la femme pour la gynécologie et l’obstétricien est celui qui s’occupe de la grossesse jusqu’ à l’accouchement. Pour mon cas, je me suis spécialisé dans la gynécologie et l’obstétrique.

Comment se déroule la journée type d’un médecin-enseignant-chercheur?
Le matin on va dans son service pour la consultation ou pour les programmes opératoires.
Après on fait la visite avec les étudiants en médecine où on travaille sur des cas cliniques et on leur enseigne les gestes à faire.
Après on révise le cours préparé et le soir on va à la faculté pour dispenser le cours au étudiants.
Des fois, on fait la garde les nuits ou les week-ends puisque le travail ne manque en matière de gynéco-obstétrique.
Un conseil à l’endroit des internautes qui ont envie de devenir médecin comme vous?
Je dirai que mon parcours que je viens de résumer n’a pas été facile. On a évolué au village avec les petits moyens.Dans tout le groupe au village, nous sommes un nombre limité à émerger et arriver à l’université.Même à l’université c’était vraiment sélectif pour la faculté de médecine et aussi dans les services où certaines humeurs ne sont pas partagées.

Je dirai, qu’il faut être vraiment combatif. Il faut avoir un objectif dans la vie à atteindre, toujours regarder en avant, respecter et aimer les autres et Dieu vous aidera si vous êtes combattifs.

En fin de chaque année faire un rétrospectif pour voir si l’objectif est atteint et si non voir les failles dans son dispositif pour aller de l’avant l’année prochaine.

Dr Fiagnon Kodzo, ancien Interne des Hôpitaux, assistant chef clinique, gynécologue obstétricien au CHU Sylvanus Olympio. Nous sommes pratiquement à la fin de l’entretien.
Votre mot de fin.

Votre initiative est bienvenue. Avec le site les gens tireront beaucoup de profit pour que l’Afrique en général et le Togo en particulier puisse aller de l’avant.
Je dirai à ceux qui vont en Europe qu’il faut qu’ils reviennent pour qu’on développe le Togo ensemble.

Merci Docteur d’avoir partagé ce moment de belle expérience avec nous

C’est moi qui vous remercie et à bientôt.

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