Envolée du dollar : Voici les répercussions sur les marchés émergents, selon la Banque mondiale

Le dollar américain a le vent en poupe : il s’est apprécié d’environ 11 % depuis le début de l’année et a atteint, pour la première fois en vingt ans, la parité avec l’euro.

De fait, un nombre considérable de grandes devises se sont dépréciées par rapport au dollar, ce qui a des conséquences importantes pour le monde en développement.

Inquiétudes autour de la dette

De nombreux pays, et en particulier les plus pauvres, ne peuvent pas emprunter dans leur propre monnaie pour les montants ou les échéances qu’ils souhaitent, car les prêteurs ne veulent pas assumer le risque d’être remboursés dans une devise instable. Donc ces pays empruntent généralement en dollars, en promettant de rembourser leurs dettes dans cette même devise, quel que soit le taux de change. Ainsi, à mesure que le dollar se renforce par rapport aux autres monnaies, ces remboursements deviennent beaucoup plus coûteux.

Difficultés commerciales

À court terme, un dollar fort peut également peser sur le commerce, car le billet vert domine les échanges internationaux. Les entreprises opérant dans des économies hors de la zone du dollar l’utilisent pour chiffrer et régler les transactions. D’ailleurs, les principales matières premières comme le pétrole sont achetées et vendues en dollars.

En outre, de nombreuses économies en développement sont des « preneurs de prix » : elles ne sont pas en mesure de négocier et leurs politiques et leurs actions n’ont aucun impact sur les marchés mondiaux. Elles sont aussi largement tributaires du commerce mondial et un dollar fort peut avoir des répercussions majeures sur leur économie nationale, notamment une flambée de l’inflation.

Et si le panorama commercial à long terme est plus favorable pour certains, dans l’ensemble il est contrasté. En effet, les importations sont plus chères dans un contexte de dollar fort, mais les exportations sont relativement moins onéreuses pour les acheteurs étrangers. Les économies exportatrices pourraient en profiter, car l’augmentation des exportations stimule la croissance du PIB et les réserves de change, ce qui contribue à atténuer bon nombre de problèmes.

Avec la Banque mondiale

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