Le ministre français de la Justice, Éric Dupont-Moretti, vient de passer deux jours au Maroc, dans le cadre de la signature, avec son homologue marocain Mohamed Benabdelkader, d’une « déclaration d’entente sur la protection des mineurs ». Mais en sa qualité d’ancien avocat du roi Mohammed VI, la présence du garde des Sceaux français est beaucoup plus symbolique et importante dans le cadre du raffermissement des liens entre les deux pays.
Cela fait plusieurs années que le sujet de la protection des mineurs non accompagnés est une pomme de discorde entre le royaume chérifien et l’Hexagone. Ce sujet a pris tellement d’importance en France qu’il est même devenu la trame de la dernière saison d’Engrenage, une série à succès de Canal + vendue dans le monde entier, qui s’est déroulée cette année dans le quotidien des jeunes enfants émigrés clandestins qui survivent dans des squats des grandes villes françaises, entre drogue et violence, prostitution et vol à la tire.
Un sujet que le nouveau ministre français de la Justice est donc venu porter à ses anciens amis marocains, en essayant d’éteindre la polémique née, cet été, après les déclarations d’une députée bretonne qui avait déclaré : « Il y a des discussions entre le Président Macron et le roi du Maroc pour qu’un centre d’hébergement, de formation et de soins soit créé directement dans le royaume et cofinancé par la France, afin de les prendre en charge dans leur pays »; ce qui avait entrainé une virulente réaction de Najoua El Berrak, consule du Maroc à Rennes, qui avait dénoncé une « stigmatisation » des Marocains.
