Disponible depuis plusieurs années, l’application FaceApp est massivement téléchargée ces derniers jours, grâce à la popularité d’un filtre vieillissant artificiellement les utilisateurs. Le résultat est particulièrement réaliste.

Depuis quelques jours, tout le Web se questionne : à quoi ressemblera-t-on une fois vieux? Une application de retouche photo se vante d’avoir la réponse. FaceApp a été créée il y a au moins deux ans par une équipe de développeurs de Saint-Pétersbourg, en Russie.



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Bien qu’elle propose des dizaines de filtres (ajout de barbe, jeune, chauve…), l’un d’entre eux est devenu particulièrement populaire ces derniers jours: celui de la “vieillesse”. Grâce à lui, l’application gratuite connaît un tel regain de popularité qu’elle s’est hissée ce mercredi en tête du classement des applications gratuites sur iOS et Android. Sportifs, stars… tout le monde l’a essayée.

Il est difficile d’expliquer les raisons de ce récent enthousiasme, si ce n’est que depuis la sortie de FaceApp, ses filtres de “morphing” (transformation artificielle) se sont largement améliorés. Une photo d’Alain Delon jeune avec le filtre “vieillesse”? On obtient à peu près l’apparence de l’acteur français, aujourd’hui âgé de 83 ans.

Un morphing réalisé grâce à l’intelligence artificielle

Il y a quelques mois, les filtres de Snapchat “masculin/féminin” et “bébé” étaient également devenus viraux. Mais l’application russe génère des résultats plus réalistes grâce une technologie différente, basée sur l’intelligence artificielle. De son côté, Snapchat détecte simplement les traits du visage et ajoute le filtre, avec un résultat bien moins précis.

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Pour apprendre au programme informatique de FaceApp à transformer les visages, il a fallu l’entraîner à analyser une grande quantité d’images de personnes jeunes, vieilles, chauves, ou en train de sourire.

En 2017, plusieurs internautes avec la peau foncée avaient remarqué qu’en appliquant un filtre baptisé “sexy”, l’application leur blanchissait la peau. Face à des accusations de racisme, Yaroslav Goncharov, PDG et fondateur de FaceApp, s’était justifié auprès de Mashable: “C’est un effet secondaire malheureux de l’entraînement suivi par le réseau neuronal”.

Selon ses explications, les développeurs auraient choisi majoritairement des visages de personnes blanches pour entraîner l’IA à reconnaître les gens “sexy”. Le programme informatique avait donc rigoureusement déduit que pour l’être, il fallait être blanc.

Inquiétudes autour de l’utilisation des données

Le succès de l’application a aussi suscité les inquiétudes de certains internautes, en raison de conditions d’utilisation jugées trop floues. Il est ainsi précisé que tout utilisateur cède à l’entreprise un accès “irrévocable” et “perpétuel” sur ses photos et données personnelles. Selon le texte, FaceApp est par ailleurs autorisé à “reproduire, modifier, adapter, publier” ce contenu, sans compensation.

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Un internaute a également assuré que FaceApp téléchargeait l’intégralité des photos de la pellicule de l’utilisateur, sans demander sa permission. Une affirmation relayée par le site internet spécialisé 9to5Mac mais rapidement contredite par Baptiste Robert (alias Elliot Alderson sur Twitter), spécialiste en cybersécurité.

“L’application télécharge uniquement la photo que l’on est en train de modifier”, certifie le hacker français à BFM Tech. “Snapchat fait exactement pareil. Avant de raconter n’importe quoi, les gens feraient mieux de s’indigner des données que collectent les grosses applications comme Twitter ou Facebook” conclut-il.

Avec BFM TV