Nombreux sont les candidats qui se plaignent d’annonces pour lesquelles il n’y a pas vraiment de poste. Mais que se cache-t-il derrière ces offres d’emploi ‘bidons’ et y a-t-il une façon de les repérer ? Trois experts nous éclairent sur le sujet.

Contrairement aux idées reçues, les fausses annonces ne pullulent pas sur internet. Et pour cause : « cela donnerait une très mauvaise image du cabinet de recrutement ou de l’entreprise », explique Jean-Philippe de La Tour du Pin, consultant senior chez Page Personnel. Pour autant, il est vrai que la publication d’offres peut parfois répondre à un tout autre objectif que celui d’une embauche immédiate.

Une offre d’emploi sans poste : pour quoi faire ?

  1. L’annonce vitrine

« Son but est de faire de l’intox vis-à-vis des concurrents en montrant que l’entreprise se porte bien puisqu’elle annonce un ou plusieurs recrutements », observe Lionel Ancelet, consultant en ressources humaines et coach en développement de carrières. C’est notamment le cas lorsque le nom de l’entreprise apparaît très visiblement sur l’annonce.

Certains cabinets de recrutement peuvent également y avoir recours pour alimenter leurs viviers de candidats. Mais pas seulement. « Le site internet est la vitrine d’un cabinet, rappelle Jean-Christophe Thibaud consultant chez Lectia. Il a donc intérêt à publier des annonces en permanence pour montrer qu’il est actif et qu’on lui confie des missions. »

  1. La fausse annonce de bonne foi

Ce type d’offre d’emploi est la plus courante parmi les annonces ‘bidons’. « Il peut s’agir d’une ancienne offre que l’on a oubliée d’enlever », indique Jean-Philippe de La Tour du Pin.

Elle peut également avoir été laissée en ligne sciemment. « Elle reste affichée encore pendant quelques temps pour permettre au cabinet ou à l’entreprise de récolter des candidatures qui viendront nourrir sa CVthèque », explique Jean-Christophe Thibaud. Cela peut aussi être une manière d’anticiper des besoins futurs, notamment pour les postes dont le turn-over est important, à l’instar des commerciaux ou des ingénieurs.

  1. L’annonce test

Autre cas de figure : « si le nom de l’entreprise est tenu secret, cela peut être une manière de savoir si les salariés cherchent à partir », révèle Lionel Ancelet. Le procédé est pervers, mais le consultant raconte avoir déjà eu vent d’une situation de ce type il y a quelques années.

Par ailleurs, l’entreprise peut chercher à analyser le marché de l’emploi. « C’est une forme de veille active pour déterminer les profils disponibles », confirme Jean-Philippe de La Tour du Pin. Une méthode parfois utilisée pour les candidats aux compétences les plus pointues tels que les profils de financiers ou d’ingénieurs. « C’est une façon de récupérer les profils rares en vue d’un poste futur », complète Jean-Christophe Thibaud.

Peut-on démasquer une fausse annonce ?

Débusquer une annonce fictive n’est pas simple. « C’est difficile de les différencier car la fausse ressemble en tous points à la vraie, souligne Jean-Philippe de La Tour du Pin. Si on avait la solution pour déterminer cela, ce serait beaucoup plus simple pour tout le monde… »

Pour autant, quelques vérifications peuvent être effectuées en amont. Ainsi, « si elle est en ligne depuis plusieurs semaines, on peut contacter la structure pour vérifier que le recrutement est toujours en cours », suggère Lionel Ancelet.

Jean-Christophe Thibaud livre une autre astuce. « Copier puis coller l’annonce sur Google et lancer la recherche pour voir si elle n’a pas déjà été publiée auparavant. »

Par ailleurs, mieux vaut également ne pas se fier aux apparences : attention aux annonces qui ratissent trop large ou à celles trop belles pour être vraies… Même si, « il y a aussi de vrais jobs de rêve », tempère Lionel Ancelet.

Perd-on son temps à répondre à ses fausses annonces ?

Tout d’abord, comme le propose Jean-Philippe de La Tour du Pin, « on peut envoyer sa candidature à l’adresse indiquée pour vérifier que le mail fonctionne ». L’occasion de faire d’une pierre, deux coups : déterminer l’authenticité de l’offre et postuler à l’emploi proposé.

De plus, « si le but recherché est d’alimenter une base de CV, alors pourquoi pas ? », observe Lionel Ancelet. Toutefois, si l’objectif est de détecter les candidats au départ, rappelez-vous de ne jamais dire du mal de vos employeurs dans votre lettre de motivation. Un conseil qui vaut quelle que soit l’annonce, réelle ou pas.

Pour Jean-Christophe Thibaud, le jeu en vaut la chandelle car « c’est une manière de faire tomber son CV dans le vivier d’une structure en vue d’un poste futur ». Même constat pour Jean-Philippe de La Tour du Pin : « cela peut vous faire connaître en tant que candidat et puis ça ne coûte rien… ou presque : l’adaptation de son CV et sa lettre de motivation, deux clics et un demi espoir ! »

Avec Keljob

Angliciste de formation, je me nomme Yao Bernard Adzorgenu. Passionné par l’écriture, je suis reporter et rédacteur chez L-frii. J’ai à mon actif des œuvres poétiques et remporté des compétitions nationales de poésie.