La future entité serait détenue à 50% par les actionnaires du groupe italo-américain et à 50% par ceux du groupe Renault. Le constructeur français va étudier l’offre.

Un véritable séisme dans le monde de l’automobile… Comme anticipé ces dernières heures, un nouveau géant de l’automobile pourrait émerger avec une fusion entre Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) et Renault. C’est le groupe italo-américain qui propose cette fusion à parité avec la création d’une nouvelle entité, détenue à 50% par les actionnaires du FCA et 50% par ceux du groupe Renault. Elle serait coté à Paris, New York et Milan.



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Selon un communiqué de FCA, la nouvelle structure sera dotée d’une gouvernance « équilibrée » avec un conseil d’administration composé de 4 membres de FCA, 4 membres de Renault et un membre de Nissan. Cela ferait de ce nouveau géant le troisième constructeur mondial, avec 8,7 millions de ventes annuelles. Ce chiffre n’englobe pas Nissan et Mitsubishi, qui font partie de l’alliance avec Renault mais qui ne sont pas concernés par la fusion.

Quid de l’alliance ?

FCA avance que cette fusion offrirait des synergies supérieures à 5 milliards d’euros par an, en plus des synergies actuelles de l’alliance ainsi qu’un « portefeuille de marques étendu et complémentaire » pour une « couverture totale du marché, du luxe au grand public. » Par ailleurs, aucune fermeture d’usines ne sera annoncée dans le cadre de cette fusion.

Cette proposition « fait suite aux discussions opérationnelles initiales entre les deux sociétés pour identifier les produits et les zones géographiques où elles pourraient collaborer » poursuit le communiqué. Sur la base des ventes 2018, la nouvelle entreprise deviendrait le 4ème acteur en Amérique du nord, le 2ème au Proche et Moyen Orient et le 1er en Amérique latine. Quant au chiffre d’affaires 2018, il se serait élevé à 170 milliards d’euros avec cette nouvelle entreprise.

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Quid de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ? FCA se montre ambitieux. « Bien que la proposition se concentre sur la fusion entre FCA et le Groupe Renault, FCA envisage, en tant que société fusionnée avec le Groupe Renault – de collaborer avec les entreprises partenaires de l’alliance sur les moyens de créer une valeur ajoutée pour tous ses membres » indique le communiqué. Une chose est sûre, le rapprochement entre les 4 constructeurs (Fiat-Chrysler, Renault, Nissan et Mitsubishi) ferait de ce groupement le leader mondial incontesté.

Le gouvernement français favorable

« Si cette fusion aboutit, la création d’une nouvelle entreprise pourrait prendre plus d’un an » a prévenu Mike Manley, administrateur délégué de FCA, dans une lettre envoyée aux salariés de FCA dont Reuters a pu prendre connaissance.

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Le gouvernement français, par la voix de sa porte-parole Sibeth Ndiaye, s’est dit « assez favorable » à une telle fusion. « Il faut bien sûr voir dans quelles conditions cela va se réaliser. Il faut qu’elles soient favorables au développement économique et industriel de Renault et à ses salariés », a-t-elle ajouté, sur BFMTV.

« Si Fiat croît, c’est une bonne nouvelle. Je pense qu’il s’agit d’une opération brillante, qui protège les emplois dans notre pays et conduit à la naissance d’un géant européen de l’automobile », a déclaré, de son côté, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini.

Pour le moment, FCA a envoyé une lettre « non contraignante » au groupe Renault, qui confirme avoir reçu l’offre. Le conseil d’administration de Renault, réuni ce lundi matin,  compte « l’étudier avec intérêt ».

Avec BFM TV