En janvier 2019, il venait d’être transféré pour 17 millions d’euros de Nantes vers Cardiff. Un an après la mort de l’attaquant argentin Emiliano Sala, l’émotion est encore vive et les polémiques font rage sur les responsabilités dans l’accident d’avion et le paiement du transfert du joueur entre les deux clubs.


Disparu il y a un an le 21 janvier, Sala recevra un hommage du FC Nantes dimanche en Ligue 1 contre Bordeaux, club formateur de l’Argentin, avec un maillot spécial aux couleurs de l’Albiceleste, un immense tifo et une minute d’applaudissements. À Cardiff, les supporters sont invités à venir honorer sa mémoire mardi devant le stade et une cérémonie religieuse est prévue dans l’après-midi.

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Que s’est-il passé ? 

Emiliano Sala, 28 ans, passe la journée du 21 janvier 2019 à Nantes pour régler son départ et saluer ses coéquipiers. Auteur d’un excellent début de saison avec 12 buts, il vient de s’engager à Cardiff, où son salaire, selon des médias, va être multiplié par six.

À 19 h 15, il repart pour Cardiff à bord d’un petit avion de tourisme. Mais vers 20 h 20, l’avion disparaît des radars au large de l’île anglo-normande de Guernesey.

Les recherches pour retrouver le joueur et le pilote David Ibbotson, 59 ans, sont interrompues au bout de trois jours mais des recherches privées lancées par la famille grâce à une souscription sur Internet permettent de localiser l’avion et d’y récupérer un corps, formellement identifié le 8 février comme celui de Sala.

Arrivé jeune en France et formé à Bordeaux, puis prêté à différents clubs (Orléans, Niort, Caen), Sala n’était pas un joueur d’exception. Mais c’était un homme attachant et depuis son arrivée à Nantes en 2015, il était parvenu à faire oublier ses allures un peu gauches et sa technique rudimentaire grâce à un travail acharné et un réalisme précieux.

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Qui est responsable du drame ?

Le vol a été organisé par le pilote britannique David Henderson, à la demande de l’intermédiaire Willie McKay et de son fils Mark, l’agent mandaté par Nantes pour mener à bien le transfert de Sala, qui déclarent avoir payé la totalité du voyage.

Cardiff assure pour sa part avoir proposé un vol commercial au joueur, qui l’a décliné, même s’il s’est inquiété avant le décollage de l’état du petit avion.

Or ce monomoteur Piper PA-46 Malibu n’était pas autorisé à effectuer des vols commerciaux et son pilote, David Ibbotson, n’était pas habilité à transporter des passagers payants. Il n’est pas certain non plus qu’il ait été autorisé à voler de nuit.

Selon le rapport d’autopsie, Sala est décédé des suites de “blessures à la tête et au tronc”. Il a aussi été exposé – tout comme le pilote également, selon toute vraisemblance – à un niveau de monoxyde de carbone susceptible de provoquer convulsions, perte de conscience ou crise cardiaque.

En juin, la police britannique a arrêté puis rapidement relâché David Henderson. Selon plusieurs médias, le club de Cardiff envisage de porter plainte en France contre ce dernier, le clan McKay et peut-être aussi le FC Nantes, au minimum pour négligence.

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Où en est la procédure sur le transfert ?

Lors de la signature du transfert le 19 janvier 2019, Cardiff s’était engagé à verser 17 millions d’euros en trois versements, dont Nantes devait ensuite reverser la moitié à Bordeaux. Il s’agit du transfert le plus cher de l’histoire de Cardiff et pour le club gallois, retourné depuis en 2e division, le coup est rude.

Nantes réclame ces paiements, faisant valoir que le Certificat international de transfert (CIT) a été reçu le lundi 21 janvier, avant l’accident. Cardiff évoque pour sa part des “anomalies” dans le transfert et assure que l’enquête sur les responsabilités dans l’accident pourrait avoir un impact.

Fin septembre, la Fifa a ordonné à Cardiff d’honorer un premier versement de 6 millions d’euros, sous peine de se voir interdit de mercato pendant 18 mois. Mais Cardiff a fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

“Cardiff et Nantes se sont entendus sur le calendrier de la procédure écrite, qui devrait durer jusqu’à fin avril environ. Une audience devra ensuite être fixée. À priori, une décision finale ne devrait pas intervenir avant le mois de juin”, a expliqué à l’AFP Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS à Lausanne.

Avec AFP