Elle est imaginée, discutée, négociée depuis de nombreuses années, mais la Superligue européenne de football n’a jamais autant fait parler d’elle. En bien ou en mal. Officiellement, l’idée demeure à ce jour un simple projet dont les contours sont encore à définir. Pourtant, à en croire l’ex-président démissionnaire du Barça, Josep Maria Bartomeu, ce championnat fermé – ou semi-fermé – réservé à l’élite du ballon rond continental n’en est plus au stade embryonnaire. L’intéressé est formel : l’institution blaugrana a déjà donné son feu vert pour participer à la première édition de cette compétition nouvelle.
Évidemment, l’UEFA, garante jusqu’à présent des joutes footballistiques à l’échelle européenne, refuse de voir ce dessein aboutir. Son patron, Aleksander Ceferin, est lui-même dans le déni, jugeant « populiste » l’idée même de cette ligue. « C’est le rêve de deux ou trois clubs en Europe, estime-t-il. L’idée n’est pas très sérieuse… » D’aucuns la jugent même comme une menace, à l’image du récent candidat à la présidence de la Fifa et ancien Ballon d’or Luis Figo, qui y voit « la destruction annoncée du football tel qu’on l’aime ». Et pourtant, la révolution aujourd’hui paraît inéluctable.
En mars dernier, Andrea Agnelli, le président de la Juventus et de l’ECA, l’association européenne des clubs, admettait travailler à l’élaboration d’un système garantissant aux représentants de l’élite du football continental une protection de leur statut et de leurs revenus. Depuis, la crise sanitaire, devenue immanquablement une crise économique, n’a fait que renforcer ce désir ou besoin d’assurance porté par des acteurs historiques en grande difficulté tels que le Barça et la Juve. « Toutes les situations de crise génèrent des occasions de transformation. Comme un big bang », souffle au Parisien Vincent Chaudel, conseiller expert en communication et économie du sport.
