A travers une étude intitulée « Zone Franc : Pour une émancipation au bénéfice de tous », Dominique Strauss Kahn, ancien directeur du FMI, propose ses thérapies de choc pour une refonte de la monnaie.

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La question de la sortie de l’Afrique du Franc CFA préoccupe l’économiste français Dominique Strauss. Au cours d’une interview accordée à Jeune Afrique, il est revenu sur l’étude publiée par son cabinet sur la monnaie en avril 2018. A propos du FCFA, l’homme qui a dirigé le Fonds Monétaire International (FMI) de 2007 à 2011 souligne « qu’il est difficile de prétendre s’intéresser au développement de l’Afrique, francophone notamment, sans se poser la question de son système monétaire, surtout quand celui-ci fait l’objet de critiques, parfois fondées et parfois un peu moins. »

Pour lui, le moment était venu d’essayer d’apaiser et d’élargir le débat sur la question du Franc CFA. « Certains considèrent que le Franc CFA a nui aux pays africains et qu’il doit disparaitre. Je pense qu’ils exagèrent. D’autres estiment au contraire qu’il a joué un rôle formidable. Je pense qu’eux aussi exagèrent. » affirme-t-il.

DSK estime qu’il y a des avantages liés à l’utilisation du Franc CFA, mais qu’il faudrait désormais repenser la monnaie.  « L’important est désormais de se demander ce qui est le mieux pour l’avenir.  Et ça, c’est aux Africains de le dire. Mais je suis heureux de contribuer à cette réflexion. » a-t-il ajouté.

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Refonte du CFA

Dans son étude, DSK propose des solutions pour le renforcement de la monnaie à travers « la réattribution des sièges de la France au sein des instances des banques centrales africaines à des administrateurs internationaux indépendants, l’ancrage à un panier de monnaie plutôt qu’à l’euro, une meilleure coordination économique des économies de la région et un processus d’élargissement de l’UEMOA, notamment au Ghana. »

L’économiste propose trois conditions pour mener à bien ces réformes : « une amélioration du dialogue avec les autorités africaines, une communication mettant l’accent sur le renforcement de la monnaie et une meilleure association des partenaires européens ainsi qu’une promotion de la coopération entre la BCE et les banques centrales africaines ».

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Les solutions proposées par DSK trouveront-elles un écho favorable auprès des panafricanistes ? Ceux-ci restent convaincus que la solution se trouve dans la sortie de l’Afrique du Franc CFA.

Avec Banouto