France : le maire du Havre, successeur d’Edouard Philippe, contraint de démissionner après une affaire de selfies à poil

Il n’aura pas résisté à la polémique. Luc Lemonnier a annoncé qu’il avait démissionné de son poste de maire du Havre. Successeur du Premier ministre français Édouard Philippe à la mairie, l’édile aurait envoyé des photos intimes de lui à plusieurs femmes, qui l’ont dénoncé. Une affaire révélée par France Bleu Normandie qui a poussé le maire à présenter sa démission.

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« J’ai décidé de présenter ma démission de mes fonctions et mandats à la ville du Havre et à la communauté urbaine. Cette décision mûrement réfléchie s’est imposée à moi en raison de la nécessité de protéger ma famille et mes proches », explique le désormais ex-maire du Havre. « Ce “selfie”, pris avec son téléphone portable, était accompagné d’une dizaine de lignes dactylographiées insultant l’édile et l’accusant globalement de mal se comporter avec la gent féminine si on veut rester soft », expliquait alors une source anonyme à Paris Normandie.

Une décision de démissionner qu’Édouard Philippe juge « responsable », a indiqué Matignon à l’Agence France-Presse vendredi 22 mars.

France-le maire du Havre, successeur d’Edouard Philippe, contraint de démissionner dans une affaire de selfies à poil
Edouard Philippe (G) et Luc Lemonnier (D), le 20 mai 2017. – CHARLY TRIBALLEAU/AFP

« Édouard Philippe prend acte de la démission de Luc Lemonnier, c’est une décision responsable », a-t-on indiqué. Par ailleurs, un proche du Premier ministre a indiqué vendredi que celui-ci avait fait un aller-retour au Havre la veille. D’après les informations de France Inter, Édouard Philippe aurait expliqué à Luc Lemonnier que la situation n’était plus tenable, quelques heures seulement avant sa démission.

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Affaire de libertinage

Devant la justice, le maire avait reconnu les faits, racontant ses mœurs libertines, et avait avoué envoyer des photos de lui pour séduire. Le 18 mars, l’accusatrice a écopé d’un rappel à la loi alors que Luc Lemonnier avait porté plainte pour « diffamation » et « diffusion de photos sans l’accord de la personne ». Elle expliquait alors avoir « ressenti comme un viol » l’envoi de ces photos.

« Je suis mariée depuis plus de vingt ans, j’ai des enfants, témoignait-elle auprès de la radio, je suis épanouie dans ma vie de couple, je n’étais pas du tout dans un jeu de séduction. On se connaissait depuis longtemps, j’ai été choquée, je lui ai demandé d’arrêter à plusieurs reprises, pour respecter sa femme et c’est comme cela que j’ai réussi à m’en débarrasser. » Selon les informations de France Bleu Normandie, plusieurs femmes seraient concernées par des comportements déplacés de la part du maire et auraient notamment reçu des « sextos » et des photos à caractère pornographique.

« Je me suis sentie salie, souillée »

« Je n’ai pas compris pourquoi il m’envoyait ces photos dégoûtantes. Il m’a dit qu’il voulait me montrer qu’il était ouvert pour toutes propositions », raconte sur Franceinfo Élise, dont les enfants étaient dans la même école que ceux de Luc Lemonnier, qu’elle avait même invité à son mariage. « Voir le sexe d’un homme en gros plan… Je me suis sentie salie, souillée. » Elle aurait prévenu la justice dès 2014 de ces agissements, sans qu’aucune sanction ne soit prise. Une autre femme, qui avait reçu une dizaine de clichés intimes du désormais ancien maire du Havre, a écopé d’un rappel à la loi en 2018 après les avoir envoyés à des élus de la majorité. Luc Lemonnier avait porté plainte pour la diffusion de ces photos sans son autorisation, relate Franceinfo.

Selon France Inter, des élus de Normandie auraient été au courant que des clichés pornographiques ont été envoyés à plusieurs femmes : « C’était un secret de Polichinelle », explique l’un, quand une autre affirme avoir coupé des relations « pourtant très fortes il y a plusieurs mois ». Une décision prise « quand j’ai été informée du phénomène. Je n’ai pas été destinataire des photos, mais je me suis rendu compte qu’elles avaient été envoyées à plusieurs dizaines de femmes. » Une employée de la mairie conclut auprès de la radio que « certaines élues ont reçu les photos, mais ont préféré se taire. Certaines par peur de perdre leurs fonctions, d’autres parce qu’elles l’avaient caché à leurs proches… D’autres encore par peur de représailles et parce que dans des situations fragiles. »

Avec Lepoint

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