France : les femmes africaines de chambre se révoltent

Les femmes de chambre africaines ont mis au placard balais, serpillères et aspirateurs pour dénoncer leurs conditions de travail. Ces femmes de chambre du deuxième plus grand hôtel Ibis d’Europe, regroupées en vingtaine, exigent la hausse de la rémunération et diminution des cadences de travail. Elles sont employées par l’entreprise de nettoyage STN, un sous-traitant.

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Déjà, le 2 août 2019, elles étaient vêtues de gilets jaunes sur des boubous aux couleurs vives avec à la main de drapeaux rouges de la Confédération Générale des Travailleurs, accompagnées de sonos et menant des pas de danses. L’ambiance avait une apparence festive, mais il s’agit bel et bien d’une grève.

Mama Ndiaye exerce ce métier il y a dix ans. Elle ne supporte plus les conditions de travail : « On ne nous respecte pas. C’est un métier très difficile, on bouge beaucoup et j’ai eu des problèmes de tendinite ».

Pour sa part, Rachel Kéké, une des voix principales du mouvement, pense que les femmes de chambre souffrent parce que : « La majorité des Africains ne connaissent pas les lois. Beaucoup ne savent ni lire, ni s’exprimer, et ils en profitent ». Elle s’indigne contre les heures supplémentaires non payées : « En 4 heures de travail, une femme de chambre peut faire 30 chambres et les heures supplémentaires ne sont pas payées ».

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Elles se rendent sur leur lieu de travail uniquement pour manifester, depuis le 17 juillet 2019. Les grévistes subsistent grâce à une caisse de soutien mise en place par le syndicat CGT-HPE.

Rachel Kéké et Sylvie Kimissa Esper, elle aussi femme de ménage, étaient sur le plateau de TV5MONDE ce mardi 13 août ouu elles ont fait des révélations. « Après trois négociations, la direction nous propose une prime repas d’un montant de 2 euros », assure Rachel Kéké qui poursuit : « Avec 2 euros, on ne peut même pas s’acheter un sandwich ». Les femmes de chambre exigent la somme de 7, 24 euros pour se nourrir.

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Aussie, Sylvie Kimissa Esper dénonce le mépris de certains clients : « Souvent des clients nous maltraiten parce qu’on n’a pas fait d’études ». « C’est important que Madame Schiappa se rende sur le piquet de grève pour constater la souffrance des femmes de chambre », lance en direct Rachel Kéké, à la secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

Si les négociations n’aboutissent pas, le combat des femmes de chambre de cet hôtel parisien devrait les conduire devant le Conseil des Prud’hommes. Rachel Kéké et ses compagnes de lutte se sont promis de maintenir la pression : « La lutte continue et on ira jusqu’au bout », assure Rachel.

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