La Cour d’appel de Paris a donné mercredi son feu vert à l’extradition de François Compaoré, frère du Président burkinabé déchu Blaise Compaoré, vers le Burkina Faso où il est recherché dans le cadre d’une enquête sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

François Compaoré, France, Burkina Faso
François Compaoré

Le parquet général s’était précédemment déclaré favorable à cette procédure d’extradition. Mais pour être effective, l’extradition doit également faire l’objet d’un décret gouvernemental.

Les avocats de François Compaoré, Me Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich, pourraient déposer un pourvoi en cassation.

Ils ont déjà dénoncé le caractère irrégulier et «exclusivement politique» de la procédure d’extradition, notant que l’infraction au Burkina Faso d’«incitation à assassinat» n’existe pas en France.

Au Burkina Faso, le crime imputé à François Compaoré est passible d’une réclusion à perpétuité, rappellent-t-ils.

François Compaoré, 64 ans, frère du Président burkinabé déchu Blaise Compaoré, a été arrêté à l’aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017. Mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis le 5 mai 2017 par les autorités d’Ouagadougou. Il s’est enfui du Burkina Faso lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 pour se réfugier en Côte d’Ivoire. Il a obtenu la nationalité ivoirienne.

Norbert Zongo, qui enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, a été retrouvé mort calciné dans son véhicule le 13 décembre 1998 à Sapouy, au Burkina Faso. Les corps de trois autres personnes se trouvaient aussi dans la voiture.

La Rédaction