L’ancien président François Hollande a regretté ce mardi 6 janvier 2025 que l’Europe ne comprenne pas « le monde qui a changé » dans lequel les États-Unis « n’ont plus de respect » pour le droit international, appelant à une position plus radicale de « rapport de force » avec Donald Trump.
« L’Europe ne comprend pas le monde qui a changé, elle pensait que les dirigeants américains (…) avaient toujours l’idée d’une solidarité transatlantique et d’une défense de la démocratie », a déclaré le désormais député socialiste de Corrèze sur franceinfo.
Mais « c’est fini, les États-Unis ne se considèrent plus comme protecteurs de l’Europe » et « les États-Unis, avec l’administration Trump, n’ont plus aucun respect pour les règles démocratiques », a-t-il ajouté en référence à la capture par l’armée américaine du président du Venezuela, Nicolas Maduro, ce week-end.

De ce point de vue, il a critiqué la position du président de la République, Emmanuel Macron, qui a choisi dans sa première réaction, comme « beaucoup de dirigeants européens », de « ne pas se fâcher » avec Donald Trump « pour essayer de l’influencer, de le convaincre, de le tordre même sur l’Ukraine ou sur d’autres sujets ».
L’ancien président François Hollande a défendu, à l’inverse, « le rapport de force » avec le président américain, sur le modèle de la Chine avec les droits de douane. « Ce qui compte pour lui, c’est jusqu’où je peux aller sans être arrêté dans mes décisions », a-t-il souligné, jugeant que le président français n’aurait pas dû attendre pour critiquer la méthode employée au Venezuela.
Il existe « une ligne majoritaire en Europe qui est de considérer que nous devons tout faire pour garder Donald Trump sur le terrain européen » mais, a-t-il précisé, « regardez comment Donald Trump utilise cette position. Il dit : ‘Pourquoi le Groenland m’échapperait, pourquoi moi je n’irais pas jusqu’à finalement intervenir sur le sol européen au bénéfice des États-Unis ?’.
Après l’enlèvement de Nicolas Maduro, M. Trump n’a pas caché que d’autres pays, comme la Colombie, le Groenland, Cuba, le Mexique ou l’Iran, étaient dans sa ligne de mire.