Un employeur n’a pas le droit d’embaucher quelqu’un sur des critères physiques. Dit comme ça, c’est une évidence mais, dans les faits, le droit est régulièrement bafoué. Dans une décision cadre publiée ce mardi, le Défenseur des droits s’inquiète des discriminations fondées sur l’apparence physique dans le monde du travail.

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Il estime qu’elles sont trop souvent acceptées par les recruteurs, comme par les victimes, et il rappelle le cadre réglementaire concernant cinq domaines de discriminations : les tenues vestimentaires, la coiffure, le port de la barbe, les tatouages et piercing et l’obésité.

Gabrielle Deydier a 40 ans et elle a décrit dans un essai “On ne naît pas grosse”, toutes les discriminations dont elle a été et est encore victime.

Ce sont les mots d’un recruteur qui a fait passer un entretien à Gabrielle : “Il m’a dit que le quotient intellectuel était inversement proportionnel à l’IMC, l’indice de masse corporelle. Cela sous-entendait que plus on est gros et moins le QI est important.”

Ce n’est pas l’unique mauvaise expérience que la jeune femme a dû affronter : “Nous étions trois pour un entretien d’embauche pour un job d’assistante de communication. Le recruteur est arrivé, il a serré la main des deux autres et moi il m’a tapé sur l’épaule en disant qu’il attendait une troisième personne.”

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Gabrielle a occupé six postes dans sa vie professionnelle et à chaque fois, elle dit avoir été victime de ce qu’elle appelle de la “grossophobie” : “À chaque fois que j’ai eu un job, je me suis fait harceler. J’ai eu un collègue qui à chaque fois qu’il y avait un article sur les retraites me disait que je ne devais pas me poser la question parce que j’allais crever avant.”

Gabrielle précise que dans ces deux situations, les employeurs ont agi en tout illégalité. Elle a envisagé une seule fois de porter plainte avant de ne finalement déposer qu’une main courante. “Un collègue m’avait harcelée sexuellement. Ma supérieure me disait que ce n’était pas possible parce que j’étais grosse et que sa femme est belle et que donc, il ne pouvait pas me harceler. J’ai été tentée de prévenir le Défenseur des droits mais j’étais dans une telle précarité financière que j’avais plutôt peur de perdre mon boulot. Quand vous vous prenez ce genre de réflexion, vous vous dites ‘je le mérite peut-être en fait’. Du coup, la violence est complètement intégrée. Si on portait plainte à chaque fois, on porterait plainte très très souvent.”

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Gabrielle a cherché des exemples de procès de personnes obèses discriminées au travail ou à l’embauche. Elle dit ne pas en avoir trouvé.

Avec France Inter