Deux streamers français partenaires de Jean Pormanove, mort en août 2025 après douze jours de direct le montrant violenté et humilié sur la plateforme australienne Kick, seront jugés en juillet devant le tribunal de Nice (sud-est), a annoncé mercredi le procureur.
Owen Cenazandotti et Safine Hamadi – qui utilisent les nom de Naruto et Safine en ligne – ont été renvoyés devant le tribunal de Nice où il comparaîtront le 6 juillet 2026, a précisé le procureur Damien Martinelli dans un communiqué.
Ces poursuites font suite à leur placement en garde à vue, mardi, dans le cadre d’une enquête ouverte en 2024, avant le décès l’été dernier à 46 ans de Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven.

Les deux influenceurs niçois ont tourné avec lui des scènes de violence. Mais l’autopsie sur le corps de ce dernier a toutefois conclu à l’absence d’origine traumatique ou « d’intervention d’un tiers » dans son décès.
Le duo est renvoyé devant la justice pour une série de chefs d’accusation, notamment des violences infligées à Jean Pormanove, mais aussi à l’encontre d’une seconde victime, Stéphane G., ou encore d’un mineur « jeté sur Raphaël Graven dans le cadre d’un combat de catch ».
La justice avait ouvert cette enquête après la mise en lumière de vidéos montrant Jean Pormanove se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball lors de live sur sa chaîne suivie par près de 200.000 personnes.
Les deux streamers avaient été placés une première fois en garde à vue en janvier 2025 puis relâchés sans charge, assurant, comme Jean Pormanove, que tout était scénarisé et destiné à « faire le buzz pour gagner de l’argent ». Ils ont été replacés mardi en garde à vue, à l’issue de laquelle leur a été notifiée leur convocation au tribunal.
– « Flux financiers suspects » –
Dans une deuxième procédure ouverte à Paris, le parquet de la capitale a annoncé mardi demander des mandats d’arrêt contre les gérants de la plateforme australienne Kick qui hébergeait les activités de ces streamers opérant depuis un studio de Contes, près de Nice.
Dans un communiqué transmis mercredi à l’AFP, Kick s’est insurgée contre ces mandats d’arrêt, assurant notamment n’avoir « jamais directement rémunéré » les streamers.
Pour le parquet de Paris, cette procédure doit permettre d' »approfondir l’analyse des différents montages et schémas financiers de la société », encore « opaques à ce stade ». Mais « Kick rejette catégoriquement toute accusation d’+opacité de l’entreprise+ », a répondu la plateforme.
« Kick est une entreprise technologique mondiale, pleinement établie, dont les activités principales se situent en Australie », a-t-elle insisté. « Nous opérons en tant qu’entreprise légitime à grande échelle, et tous les documents sociaux obligatoires sont accessibles aux autorités compétentes conformément aux exigences réglementaires applicables ».
Le parquet a expliqué vouloir également « clarifier les liens économiques » entre le vidéaste décédé et la plateforme. « Des flux financiers suspects ont été identifiés, permettant de suspecter un financement direct de cette chaîne par la société Kick et ses dirigeants », a-t-il estimé.
Kick « n’a jamais directement rémunéré les streamers en question pour un contenu spécifique », s’est défendu mercredi la plateforme. « Ces individus n’avaient aucun lien contractuel direct avec la plateforme au-delà de nos Conditions Générales d’Utilisation standards ».
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