Santé publique togolaise de la négligence à l'excellence« Au Chu Sylvanus Olympio, nous avons 1.355 agents. Plus de 100 agents sont destinés au ménage, pour balayer et laver. Mais regardez l’état du centre ! »,  s’est indigné le ministre togolais en charge de la Santé, Professeur Moustapha Mijiyawa, ce mardi 21 février à Lomé, au cours d’une rencontre d’échange avec les présidents des Conseils d’administration des hôpitaux publics sur la gestion basée sur l’approche contractuelle.

« La moitié du personnel de ce centre, son salaire fait 140 millions de FCFA par mois, ce qui représente le double des recettes mensuelles générées par le CHU Sylvanus Olympio, soit 70 millions (…) Les mêmes recettes, autour de 70 millions sont ce qu’on enregistre à l’hôpital d’Afagna, où il y a, à peu près, 260 agents », a-t-il révélé en faisant une comparaison entre le centre hospitalier de référence du Togo et ce centre hospitalier religieux.

Pour lui, le gros problème reste la gestion, car il existe au fil des années, un déséquilibre entre l’augmentation des ressources allouées par l’Etat et la qualité de la prestation offerte, avec à la base, des pratiques peu orthodoxes qui règnent dans les hôpitaux publics. Une situation qui entraîne l’insatisfaction des patients, leurs déceptions et une diminution de la fréquentation.

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Et c’est pour ces raisons que le Gouvernement veut mettre en place la gestion basée sur l’approche contractuelle qui consiste à confier la gestion des hôpitaux à des structures privées afin d’améliorer la gestion tout en renforçant les ressources, a-t-il expliqué.

Aucun coût supplémentaire ne sera ajouté aux frais actuels des prestations avec cette gestion. L’objectif du Gouvernement est la satisfaction de la population et que cette satisfaction soit à la hauteur des ressources injectées, a-t-il rassuré.

« Les hôpitaux et formations sanitaires sont une propriété publique ainsi que le personnel (…) Nous allons voir des sociétés spécialisées dans la gestion des hôpitaux à qui on délègue la gestion. Le personnel est là, les ressources appartiennent à l’Etat, la seule chose que nous demandons est qu’on nous aide à gérer pour qu’il y ait une harmonie entre les entrées des ressources et la satisfaction de la population (…) Tout ceci, en sachant que si la gestion est bonne, la fréquentation des malades sera meilleure et les gens seront de plus en plus présents. C’est dans cette logique que nous voulons mettre en œuvre l’approche contractuelle ».

Il faut noter que la gestion basée sur cette approche va démarrer avec une phase expérimentale dans trois centres que sont le CHU Sylvanus Olympio de Lomé, le CHR d’Atakpamé et le CHP de Blitta. Au CHU Sylvanus Olympio, les services de la pharmacie, de la radiologie, de laboratoire et de la morgue bénéficieront de cette gestion en premier avant d’être étendue aux autres services si les résultats escomptés sont au rendez-vous.

La Rédaction