L’APD-ENSI veut canaliser le potentiel des ingénieurs pour le développement technologique du Togo

Une partie des membres du Conseil d’administration de l’APD-ENSI

Si le Togo continue de rester le consommateur, et non le producteur des technologies dont il a besoin, il aura du mal à se développer. C’est la conviction du Président de l’Association des professionnels diplômés de l’Ecole nationale supérieure d’ingénieurs (APD-ENSI) de l’Université de Lomé (UL), Bagny Marius. Fraîchement porté à la tête de cette association née en 2007, cet ingénieur chérit plus que tout, un grand désir : rassembler les produits ‘made in ENSI’ pour accélérer le développement du Togo.

Pour atteindre ce but ultime, il lance à travers cette interview un appel vibrant aux anciens promotionnaires de l’ENSI afin qu’ils apportent leur pierre à la construction de leur pays.

Canaliser les potentiels au service du développement 

Le Togo pourrait faire un grand bond dans son développement si ses ingénieurs mettaient ensemble leurs moyens et leur matière grise au service du pays. Les ingénieurs de l’ENSI sont à la base du développement des plus grandes sociétés industrielles du pays. Leurs compétences sont reconnues même au-delà du pays.

« Aux Etats-Unis, par exemple, un professionnel d’ENSI a mis en place deux grandes sociétés très reconnues pour la qualité de leurs prestations. Incroyable n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est vrai. Il y a déjà des ‘Steve Jobs’ au Togo. Ce ne sont pas nos actions qui vont permettre de les avoir. Un autre exemple, la société SODIGAZ qui dispose aujourd’hui du plus moderne des dépôts gaziers de l’Afrique de l’Ouest est l’œuvre d’un ingénieur sorti de l’ENSI. Voilà un Togolais qui surpasse dans son domaine les grandes firmes étrangères », raconte fièrement le Président de l’APD-ENSI, très heureux de compter ces aînés dans son rang.

« Notre objectif, c’est de pouvoir maintenir cette lancée et canaliser toute cette ressource humaine au développement du pays. Ce n’est pas normal qu’avec tout ce potentiel local, on pense encore à importer des produits pour la mécanisation de notre agriculture. Quand nous consommons seulement sans produire, nous n’apportons rien comme valeur. Nous consommons mal d’ailleurs, il suffit de voir l’utilisation que nous faisons des réseaux sociaux. Il faut que cela change. Et pour cela, il va falloir travailler main dans la main », poursuit-il.

Diplômés d’ENSI vivant ici ou ailleurs, unissons-nous

M. Bagny Marius, Président de l’APD-ENSI

Depuis la création de l’UL, l’ENSI et son ancêtre l’ESMI (École Supérieure de Mécanique Industrielle) ont formé des milliers de techniciens supérieurs (BAC+2) et d’ingénieurs (BAC+5) en génie mécanique, en génie électrique et en génie civil. Ces diplômés travaillent actuellement pour des sociétés de la place ou à l’extérieur. Certains parmi eux se sont mis à leur propre compte.

Le Président de l’APD-ENSI compte sur toutes ces ressources pour le développement de la technologie au Togo. En prenant les rennes de l’association le 1er juillet 2017, il a tout de suite établi avec son bureau un plan d’action allant jusqu’en 2022.

Ce plan d’action a été présenté au public à travers une conférence de presse et détaillé aux anciens promotionnaires de l’ENSI lors d’une soirée de retrouvaille. Ceux-ci ont très vite adhéré au plan et y ont apporté leur contribution.

Selon le président, deux grands chantiers sont ouverts pour les 5 ans à venir. Le premier consiste à ‘faire la promotion de nos titres d’ingénieurs auprès des jeunes pour qu’ils s’y intéressent. Et le second consiste à défendre ces titres par nos actions’, explique-t-il. Désormais, il ne veut ménager aucun effort pour la réalisation de ces actions.

Des petits pas pour l’APD-ENSI, des pas de géant pour le développement technologique

Afin de susciter plus de vocations, l’APD-ENSI a mis la revalorisation de son école en première position dans son plan d’action. Cette revalorisation a débuté en décembre dernier par une amélioration des conditions de travail des professeurs et des étudiants de l’ENSI. L’association prévoit bientôt équiper les laboratoires de l’école pour permettre aux  étudiants d’être à la pointe de la technologie.

« En améliorant les conditions d’étude des jeunes, nous leur permettons d’avoir plus de compétences et de connaissances. Ils seraient plus en mesure de concurrencer les ingénieurs formés sous d’autres cieux », rassure le Président tout confiant.

Au-delà de la formation des étudiants, l’APD-ENSI vient de mettre en place un dispositif grâce auquel les jeunes diplômés pourront faire leurs premiers pas en entreprise. « Ce dispositif est mis en place pour les coacher afin qu’ils puissent vite s’intégrer dans le monde professionnel », a expliqué le Président.

En dehors de ça, l’association est en train de créer un incubateur pour permettre aux ingénieurs en herbe de donner vie à leurs innovations. « Nous travaillons là-dessus et nous souhaitons que cela puisse révolutionner la technologie au Togo », a-t-il vivement espéré. En attendant, il souhaite qu’on accorde aux ingénieurs la valeur qu’ils méritent afin qu’ils libèrent le top de leur potentiel.

N’est pas technicien supérieur ou ingénieur qui veut

Une partie des membres de l’APD-ENSI

Les professionnels de l’ENSI sont des perles de grandes valeurs. Or, force est de constater qu’on ne leur accorde pas parfois la valeur qu’ils méritent. D’autant plus qu’aujourd’hui, n’importe qui se décrète ingénieur. « On en rencontre qui écrivent ingénieur sur leurs cartes de visite. Sont-ils formés dans quelle école ? On ne sait pas. Si on fouille un peu, on constate que tout ça c’est du pipo », déplore vivement le Président. « N’est pas technicien supérieur ou ingénieur qui veut. Il faut suivre un certain parcours et mener sa profession dans les règles de la déontologie », précise-t-il.

Pour lui, il faut stopper tout ça en réglementant le domaine. Au cas contraire, cela pourrait avoir des répercussions néfastes sur le développement du pays. « Une route, par exemple, ne se construit pas n’importe comment. Il faut  que ça serve au moins sur une longue durée avant qu’on ne fasse son entretien. S’il faut la réparer juste quelque temps après sa construction, c’est que c’est mal fait. De même, lorsqu’on fait mal un câblage électrique, cela peut causer des incendies. Nous avons donc tous intérêt à ce que les choses soient normalisées comme c’est le cas dans d’autres pays. Et ça, c’est un problème contre lequel l’association doit pouvoir agir. Il faut que les ressources que l’Etat met dans la construction des infrastructures soient optimisées pour un développement durable ».

Un pari à coup sûr gagnant

Conscient que l’APD-ENSI ne parviendra pas à réussir son plan d’action sans l’appui de tous ses membres et de ses partenaires, Bagny Marius passe par le canal de L-frii.com pour lancer un appel à tous les diplômés de l’ENSI et aux personnes de bonne volonté.

Il n’oublie pas de remercier « ceux qui ont déjà compris l’importance de leurs actions et qui ont choisi d’investir pour l’émergence de leur pays, surtout les sociétés G.E.R, SODIGAZ, EAKOM LLC, TOGOCEL, E-HUB, TTTI et ATHT ».

« Elles ne seront pas perdantes, rassure-t-il. Au contraire, cela leur permettrait d’être pérennes et d’augmenter à la longue leur chiffre d’affaires puisqu’elles auront à contribuer à l’amélioration des ingénieurs dont elles auront besoin dans leur structure ».

 

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