Tanko Timati

Après l’acceptation par la Belgique, le samedi dernier, d’accueillir Laurent Gbagbo sur son sol après sa libération sous conditions, des medias du royaume ont révélé une autre plainte en son encontre.

Selon ces confrères, Il s’agirait de celle relative au présumé charnier de Yopougon en 2000 quand il était arrivé au pouvoir. Le plaignant serait un denommé Brahima Touré qui dit être un des rescapés dudit charnier. Brahima Touré avait reçu le statut de réfugié politique dans son nouveau pays d’accueil.

Avec l’aide de l’ONG belge ‘Prévention Génocide’, il avait porté plainte en Belgique contre Robert Guéï et Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité au titre de la loi belge dite « de compétence universelle » de 1999, au nom de 150 plaignants, des proches de victimes.

Le responsable du Front Populaire Ivoirien (FPI) au royaume de Belgique et à Luxembourg, a tenu à clarifier les choses de cette prétendue plainte.

Selon la source, depuis le 5 août 2003, la loi de compétence universelle était abrogée en Belgique.

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Laurent Gbagbo, à la Cour pénale internationale de la Haye, le 15 janvier 2019.
© Peter Dejong/Pool via REUTERS/File Photo

« Au moins, la version originale de 1993, la plus ambitieuse, de cette loi qui autorisait la justice belge à poursuivre des auteurs présumés de crime de guerre, quel que soit l’endroit où ces crimes avaient été commis. Une loi unique au monde. La spécificité de cette loi, c’était que le juge pouvait juger par défaut. Il n’était pas nécessaire que le criminel présumé soit présent en Belgique », explique René Titilo Goli Gassaud.

Il rappelle que lorsque cette loi existait, de nombreuses plaintes ont été déposées, elles visaient des génocidaires rwandais, Augusto Pinochet, Fidel Castro, Saddam Hussein, Ariel Sharon. Mais aussi le président américain Bush senior, et le secrétaire d’état Colin Powell.

« La loi était devenue trop embarrassante pour la Belgique, les américains ont exercé une forme de chantage », poursuit-il.

Il affirme que le cas de Gbagbo était pour donner du poids au film du sociologue Benoit Scheuer intitulé « Cote d’Ivoire, poudrière identitaire » et qui avait débat à l’époque en Côte d’Ivoire.

« En Belgique, le dossier n’a jamais rien donné jusqu’au quasi-anéantissement de la loi, qui conseille même au juge qu’il peut ne pas prendre en compte les plaintes si elles n’ont aucun lien avec la Belgique. Fini de pouvoir poursuivre des criminels présumés s’ils n’étaient pas présents sur notre territoire. Il y a 16 ans, la Belgique rognait donc les ailes de sa loi de compétence universelle. Et ne doit en aucun inquiéter nos valeureux militants », a conclu René Titilo Goli Gassaud.

 Avec Koaci