Adoptée depuis 1999 pour la libéralisation complète de l’accès au marché entre les États africains, la Déclaration de Yamoussoukro vient de franchir une nouvelle étape de sa mise en œuvre. Ceci à travers le lancement à Addis-Abeba, le week-end dernier, du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA), en marge  du 30e Sommet des Chefs d’Etat de la commission de l’UA qui s’y tenait.

Le MUTAA, qui constitue un projet phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), regroupe à ce jour 23 pays sur les 55 que compte le continent. Il est placé sous la houlette du chef de l’Etat togolais, Faure E. Gnassingbé, désigné par ses pairs.



Au cours d’une conférence de presse organisée, ce jeudi 1er février à Lomé, par le ministère en charge du Transport, le ministre Ninsao Gnofam et le Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac-Togo) ont expliqué à l’opinion le bien-fondé de ce choix du président togolais ainsi que les avantages de ce projet.

Pour le Directeur général de l’Anac-Togo, Colonel Gnama-Latta, le choix trouve son essence dans les réformes en matière d’aéronautique et d’aviation civile opérées par le Président Faure Gnassingbé ainsi que sa vision dans laquelle ses pairs ont estimé qu’il peut arriver à mobiliser les pays qui hésitent encore à adhérer à ce projet.

Il a poursuivi en expliquant les retombées de ce projet. Il y a trois aspects techniques essentiels à regarder à travers ce projet, a-t-il dit. « Les Etats trouvent leur compte, de même que les compagnies aériennes et les populations ».

« Pour les pays, avec cette mesure, les retombées permettront à ce que le PIB annuel passe à 1,3 milliard de dollars. Egalement, nous aurons la création de 300.000 emplois pour les jeunes, ainsi qu’une économie tarifaire à l’échelle de 500 millions de dollars », a-t-il expliqué.

« Pour les compagnies, actuellement, le trafic de l’Afrique est de 3 % par rapport au monde. Ce qui est infime alors que le continent a beaucoup de potentialités. Ce projet amènera à une augmentation de 75 % des correspondances directes ainsi que l’ouverture de nouvelles liaisons commerciales ».

Enfin, « pour les populations, la première retombée est la libre circulation des biens et des personnes. Le libre choix des clients qui seront face à une large gamme d’offres et pourront choisir les compagnies les plus sûres, les plus sécurisées et les plus modernes avec une réduction du temps de trajet ».