Nous ne la maîtrisons jamais complètement. La langue française est trompeuse, ses règles nous échappent, son orthographe est à l’origine de nombreux doutes et sa grammaire, de sueurs froides. Bien imprudent celui qui prétend l’avoir domptée. Les exceptions abondent, la graphie des mots varie, les principes évoluent.

Pour vous aider à y voir un petit peu plus clair, Le Figaro vous propose de revenir sur cinq erreurs courantes afin d’éviter les quelques pièges qui parsèment la langue de Molière. Et cela, grâce au vivifiant livre de Julien Soulié, Objectif zéro faute en 5 minutes par jour (First).



Nigeria : il meurt en plein ébats s3xuels

L’accord de «tout»

Ah, le «tout»! C’est un petit malicieux, un garnement qui nous joue des tours. Ce mot tient en une syllabe mais appartient à plusieurs catégories grammaticales. Ainsi, il s’accorde différemment selon sa nature. Voyons voir un peu…

Si «tout» est un nom, alors, il s’accorde en nombre. En l’occurrence: un tout , des touts . Mais une fois placé devant un nom, le voilà déterminant. Dans ce cas, il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se réfère. Exemples: tout homme, toute femme; tous les jours, toutes les minutes.

Place à la règle suivante: lorsque «tout» est un pronom, il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se réfère. Ainsi, l’on écrit tout ce qu’il te plaît; tous ceux qui partent; il les achète tous . Enfin, lorsqu’il est adverbe, «tout» est invariable, ainsi que le précise Julien Soulié. Ainsi écrit-on «il est tout entier dévoué» ou encore, «ils sont tout entiers dévoués». En effet, «tout» est ici synonyme de «tout à fait», «complètement».

Soyons attentifs: la liaison peut nous faire perdre nos bonnes habitudes. En effet, on écrit bien «La France tout entière est tout étonnée». Le «tout» est ici un adverbe. Et, souvenez-vous, il reste invariable dans ce cas. Dernière précision: «tout» reste invariable devant un h muet («Elle est tout hésitante.») Alors que devant une consonne ou un h aspiré, «tout a gardé trace d’un ancien accord et s’accorde avec l’adjectif féminin», note Julien Soulié. Exemple: Elle est toute mignonne; elles sont toutes mignonnes. Elle est toute honteuse; elles sont toutes honteuses.

Chirac et le surnom “10 minutes douche comprise” : une ancienne conquête dit tout

Les homonymes lexicaux

Ce sont de faux jumeaux. Des mots qui, à l’oral, semblent identiques mais qui, sur papier, sont bien différents. Ainsi, est-on «accro» au café ou «accro»? L’«accroc» désigne la «déchirure dans un tissu». Par extension, il peut également caractériser un «incident imprévu et passager qui cause un préjudice en arrêtant ou en faussant le déroulement d’une action», précise Le Trésor de la langue française. Quant à «accro», il vient du verbe «accrocher» et qui désigne, ainsi que nous le lisons dans le Larousse, un individu qui «en est arrivé, à l’égard d’une drogue, à un état de dépendance; toxicomane».

Julien Soulié souligne également la confusion entre «détoner» et «détonner». Le premier, rappelle-t-il, signifie «exploser». Quant au second, il a pour définition «ne pas être dans le ton; jurer». L’on souffre le «martyre» mais on est un «martyr». Une «balade» en voiture n’est pas la «ballade» que l’on chante. Si l’on est «près de s’évanouir», cela signifie que l’on est «sur le point de…» alors que si l’on est «prêt à partir», alors nous «sommes disposés à…».

Lorsque l’ennui nous gagne, l’on est en train de «bâiller». Si nous rêvassons, nous «bayons aux corneilles». La «prémisse» d’un raisonnement est une «proposition, fait, d’où découle quelque conséquence», ainsi que nous l’apprenons dans le Larousse. Tandis que les «prémices» désignent les «premières manifestations de quelque chose d’important». Exemple: «Les prémices de l’hiver». Pendant le déjeuner, l’on «tache» sa chemise. La «tâche» désigne un «travail défini et limité, imposé par autrui ou par soi-même, à exécuter dans certaines conditions», précise Le Trésor de la langue française.

Ronaldinho dévoile le nom du meilleur joueur qu’il a affronté

Les adjectifs invariables

Quelques rappels, d’abord. L’adjectif sert à décrire le nom. Décrire sa taille, sa couleur, ses qualités ou ses défauts… Ainsi, il s’accorde toujours avec le nom en genre et en nombre. Et ce, quelle que soit sa position au sein de la phrase. Qu’il soit devant ou derrière le nom («Elle est intelligente»; «De beaux chevaliers»). Séparé du nom par un verbe («Ce dîner est délicieux») ou d’une virgule («Satisfaits de nos efforts, les responsables nous ont félicités»).

Ce qu’il faut retenir, cependant, c’est que «certains adjectifs peuvent être utilisés en position d’adverbes» (ils répondent à la question «comment?»). Dans ce cas, explique Julien Soulié, ils sont invariables. Quelques exemples: «Cette maison coûte cher»; «Des cheveux coupés court»; «On a mis la barre haut». À noter qu’il est possible que certains adverbes soient employés comme des adjectifs. Là encore, ils restent invariables: «Des roues avant/ arrière»; «Des gens bien».

L’accord des nombres

À première vue, rien de bien compliqué. «Les déterminants numéraux cardinaux sont les mots qui servent à compter: un, deux, trois, quatre, cent, mille…» Ils sont invariables. «Une boisson à quatre euros»; «douze huîtres»; «quarante ans»; «mille lieues».

Cependant, vingt et cent peuvent s’accorder lorsqu’ils sont multipliés et «lorsqu’ils ne sont suivis d’aucun autre numéral cardinal». Exemples: «quatre-vingts», «trois cents». Alors qu’on écrit «quatre-vingt-un», «trois cent douze», précise Julien Soulié. «Concrètement, on n’accorde donc que deux cents, trois cents, quatre cents… neuf cents et quatre-vingts», ajoute l’auteur.

Qu’en est-il, alors, des «années 80» ou la «page 80»? Ici, il ne s’agit pas de numéraux cardinaux mais d’ordinaux. «Ils donnent un rang, un classement. La page 80 signifie la quatre-vingtième page (et non quatre-vingts pages)». Dans ce cas, on n’accorde pas: «les années quatre-vingt» et «la page quatre-vingt».

Enfin, allons du côté des gros chiffres. Comme le millier, le million ou le milliard. «Ce sont des noms (et non des déterminants numéraux): vingt et cent multipliés s’accorderont donc dans quatre-vingts millions, cinq cents milliards…» À noter que l’on écrit «1,5 million» sans «s» car il n’y a bien qu’un seul million, ici.

Togo : cette photo du président Faure Gnassingbé fait la une du web ce week-end !

«Or» ou «hors»? «Quand» faut-il écrire «quant»?

«Or» et «hors»: il nous arrive, par mégarde, de les confondre. De les interchanger. Allons bon, personne n’est infaillible! Revenons néanmoins sur la définition de chacun de ces termes afin de ne plus faire l’erreur. «Hors» est une préposition qui signifie «en dehors de». «Elle ne peut se trouver que devant un groupe nominal». Exemple: «Le jeune homme fut poussé hors de la foule».

«Or», lui, est une conjonction de coordination. «Il sert, dans le discours, à amener un fait nouveau, souvent en opposition avec ce qui précède». Exemple: «Il avait promis qu’il passerait nous voir; or il n’a même pas téléphoné». Une technique pour savoir si vous l’utilisez correctement: il peut être remplacé par «mais».

Qu’en est-il de «quant»? Ce dernier s’emploie uniquement sous la forme de «quant à» qui veut dire «en ce qui concerne». Exemple: «Quant à lui, je ne veux plus en entendre parler!». «Quand» avec un «d» peut-être: un adverbe interrogatif de temps et dans ce cas, «il sert à poser une question» («Quand reviens-tu?») ; ou une conjonction de subordination exprimant le temps («Quand il sera parti, nous rangerons tout»). «Il peut être remplacé par à quel moment (quand il est adverbe) ou par lorsque (quand il est conjonction)».

Avec Lefigaro