Dans son dernier rapport, la Cnuced souligne que l’aide étrangère est trop dirigée vers l’éducation et la santé qui absorbent 45 % des montants alloués, tous pays confondus et pas assez vers les infrastructures ou les circuits économiques qui permettent de créer des emplois pérennes.

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Il faut permettre aux pays les moins avancés de mieux coordonner l’aide extérieure qui leur est allouée et faire aussi en sorte que les organismes donateurs tiennent davantage compte des priorités nationales des récipiendaires. Le discours n’est pas nouveau puisqu’il a été prononcé pour la première fois en 2005. Mais l’édition 2019 du rapport de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) consacré aux pays les moins avancés relance le débat.

Le document s’intéresse cette année aux financements extérieurs et « met en évidence les liens qui existent entre les objectifs de développement, la transformation structurelle, le développement durable et les droits de l’Homme » dit le rapport. Sur bien des points, la situation n’a guère évolué ces dernières années, déplore l’agence de l’ONU. Ces 47 pays, s’ ils ne contribuent qu’à hauteur de 1 % au PIB mondial, représentent en revanche 13 % de la population mondiale . Derrière leur développement, ce sont aussi les questions de migration des populations qui se posent.

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Besoin de créer de la valeur

Le rapport part d’un constat simple : pour aider véritablement ces pays parmi les moins riches de la planète à monter en gamme, il faut mettre en place des outils économiques capables de générer de la valeur pour créer des emplois pérennes. Il faut donc les aider à gagner en productivité tout en ouvrant de nouvelles activités et en les aidant à se diversifier. Cela, sans dévoyer l’aide. Lorsque des dons vont à des cimentiers nationaux de pays d’Afrique francophone, le contrat initial semble rempli. Pourtant, en creusant un peu, lorsqu’apparaît derrière ces cimentiers, une seule et même multinationale, il y a visiblement dérive de l’aide.

A l’évidence, cette multinationale n’a pas besoin de l’argent public pour se développer sur des marchés sur lesquels elle serait de toute manière allée sous forme d’investissement étranger. Le but de l’aide n’est pas d’abaisser les coûts d’une entreprise étrangère avec de l’argent public, mais bel et bien de donner un coup de main aux PMA. Pour cela, ils doivent avoir davantage leur mot à dire dans l’orientation et l’utilisation de l’aide allouée. Souvent, disent les auteurs du rapport, les donateurs lient l’aide à leurs intérêts.

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Education et santé

Autre critique, la ventilation des crédits accordés. Trop souvent, ceux-ci vont à l’éducation et à la santé qui absorbent 45 % des montants alloués, tous pays confondus. Alors que les montants attribués aux infrastructures et aux circuits économiques ne représentent que 14 %. Une politique de formation reste vaine si les jeunes diplômés ne trouvent pas d’emploi sur place à la sortie de leurs études. Non seulement ils ont une impression de gâchis, mais en plus ils risquent de quitter leur pays rendant l’aide initiale inutile.

A l’inverse, une aide bien orientée permet de créer des emplois pérennes. L’activité génère plus de recettes fiscales qui à leur tour permettent d’investir davantage dans des services sociaux par exemple. C’est pour cette raison que l’Etat, quelqu’il soit, doit avoir des capacités d’analyse renforcées de l’aide et de ses propres besoins. C’est une sorte de « programme 2.0 sur l’efficacité de l’aide » qui doit être mis en place afin de « contribuer de façon déterminante à la transformation structurelle en améliorant la gestion et la fourniture de l’aide » souligne le rapport.

Avec Les Echos